Onglets principaux

Société

Cameroun-Société : La religion contre les mariages précoces

Les autorités religieuses se sont réunies à Yaoundé, le 2 Décembre dernier pour mettre en place les stratégies pour combattre ce fléau.
625 vues
12/05/2019 - 15:42
Zenani Kanga
Stagiaire
 Cameroun-Société : La religion contre les mariages précoces

Chaque année, plus de 12 millions de filles sont mariées de force avant l'âge de 18 ans. Ces filles voient alors leur droit à l’enfance et à l’éducation volé, et leurs perspectives d’avenir et d’évolution limitées. Les mariages forcés et précoces maintiennent les jeunes filles dans des conditions de pauvreté et d’impuissance, de génération en génération.

Le mariage forcé dans nos villes et villages reste un fléau qui porte atteinte à la dignité de la jeune fille constitue un frein pour le développement du pays au Cameroun. Parmi les conséquences que ce phénomène entraîne, l’on peut citer, la pauvreté, et les violences conjugales, la déscolarisation, risques de santé, perpétuation du statut inférieur des femmes, Violence et abus sexuels. Selon l’enquête Mics réalisée en 2014 au Cameroun, 36% des jeunes filles vont en mariage avant l’âge de 18 ans. Les régions de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Est sont confrontées au quotidien par ce fléau. Pour mettre fin à ce fléau qui touche de nombreuses familles, un forum baptisé : « la foi pour le changement positif en faveur des enfants », se tient depuis le 2 décembre 2019 à Yaoundé.

Les autorités religieuses constituées des prêtres, des imams, des pasteurs ont pris part à ce forum d’échanges qui s’achève le 6 décembre 2019, ainsi que les présidentes des associations et réseaux d’association des droits de l’enfant venus des quatre coins du pays. Cet échange organisé par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, avec le soutien financier et technique du Fonds des nations-Unies pour l’enfance, vise à susciter un changement de comportement social pour limiter les mariages forcés, et de ressortir le rôle que doivent jouer les autorités religieuses dans la lutte contre les mariages forcés.  L’objectif de cette initiative est le passage à échelle de l’engagement des communautés confessionnelles et autres acteurs pour influencer le changement social et comportemental positif en vue de l’amélioration du bien-être des enfants, des jeunes, des femmes et des familles, en particulier les plus marginalisés ,de mener des actions de sensibilisation auprès des parents et des autorités locales afin de les informer des dangers du mariage précoce et des droits des filles , des actions de sensibilisation auprès des enfants et des jeunes pour les informer de leurs droits et leur apprendre à les défendre, de plaidoyer auprès des gouvernements pour acter des lois contre le mariage précoce ou renforcer les lois existantes, de lutter contre les barrières à l’éducation afin de garder les filles à l’école (accès à l’école, frais de scolarité, sûreté à l’école, installation de points d’eau potable et infrastructures sanitaires correctes, lutte contre le travail infantile, etc. ),d’ aider  les jeunes filles à obtenir un certificat de naissance qui prouvent leur âge.

 « Permettez-moi de rappeler ici, la grande influence qui est la vôtre au sein des communautés et les rôles multiples qui vous sont dévolus notamment dans le travail avec les familles et les communautés pour le changement social. Bien que le mariage des enfants ne soit pas causé par la religion, il convient de noter que plus de 80% de la population mondiale se réclame d’une religion selon le Pew Research Center, Global Religious Future database, 2012. En tant que guides spirituels, les leaders religieux que vous êtes, sont parmi les personnalités les plus respectées dans de nombreuses communautés et contribuent à déterminer quels comportements sont acceptables », a affirmé Jacques Boyer représentant de l’Unicef au Cameroun.

Ce forum s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale « Faith and positive change for children » lancée par l’Unicef et ses partenaires : « Religious for peace » .Le Cameroun figure parmi les 6 pays choisis en Afrique pour abriter cette initiative.

 

Étiquettes: