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Cameroun-Boko Haram : Le cri d’alarme d’Amnesty à l’Extrême-Nord

Dans un rapport annuel publié le 11 Décembre 2019, Amnesty International y dresse un bilan effroyable de 275 personnes tuées entre Janvier et Décembre 2019 par la secte Boko Haram.  
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12/12/2019 - 10:56
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Boko Haram : Le cri d’alarme d’Amnesty à l’Extrême-Nord

 

Le bilan des attaques de Boko Haram dans l’Extrême-Nord du Cameroun est lourd. Entre Janvier et Décembre 2019, environ 275 personnes ont perdu la vie. Ce chiffre alarmant a été publié le 11 Décembre 2019 par Amnesty International. Selon l’organisation non Gouvernemental plus de 90% des victimes sont les civils : « Au moins 275 homicides dont 225 contre des civils entre janvier et novembre. Des femmes amputées d’une oreille. Des enlèvements et conversions de force à l’islam ».

Au cours d’une enquête menée sur le terrain, Amnesty International fait état de ce que, les droits de l’homme sont violés par ces terroristes. Des villages ont été pillés, des maisons et marché incendiés, des bétails et plantations détruites. Une situation qui plonge la population de l’Extrême-Nord dans une terreur sans précédente. « Les personnes que nous avons rencontrées dans l'Extrême-Nord du Cameroun vivent dans la terreur. Beaucoup ont déjà été témoins d’attaques de Boko Haram et ont perdu des proches ou des connaissances. Elles ne se demandent plus s’il y aura de nouvelles attaques mais quand cela arrivera. Elles se sentent complètement abandonnées », a déclaré Samira Daoud, directrice régionale par intérim d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

En Janvier 2019, le Président de la République son excellence Paul Biya, avait annoncé que Boko Haram « ne représentait plus qu’une menace résiduelle » car il a été « repoussé hors de frontières ». Pourtant sur le terrain, les tueries, les attaques et les mutineries sont au rendez-vous. Ayant effectué une enquête durant deux semaines sur le terrain, Amnesty International fait le récit préoccupant de la situation que traversent les habitants de cette région, en particulier ceux qui ont subi les affres de la secte terroriste. « …Les éléments de Boko Haram ont trouvé un garçon de neuf ou dix ans avec deux personnes âgées, sa grand-mère et un vieil homme non-voyant. Ils l’ont tiré pour qu’il vienne avec eux, mais l’enfant s’est agrippé de toutes ses forces à sa grand-mère, pleurant et disant qu’il ne voulait pas partir. Les membres de Boko Haram ont alors abattu le garçon et le vieil homme. »

A Gakara (localité située à l’Extrême-Nord), plusieurs personnes témoignent des mutilations dont ils ont été victimes. Une victime témoigne que « …Ils ont arrêté l’une de mes épouses à qui ils ont demandé de les suivre. Face à son refus, ils ont menacé de l’égorger. Elle a alors dit qu’elle préférait être égorgée plutôt que de partir avec eux. Un des hommes a proposé qu’elle soit égorgée, un autre que sa main soit coupée, et le troisième a demandé qu’on lui coupe une oreille. C’est ce qu’ils ont fait, puis ils l’ont laissée comme ça… »

Les terroristes forcent parfois les habitants de cette localité à se convertir à l’Islam. Plusieurs personnes témoignent s’être obligatoirement convertie à l’Islam pour sauver leur vie. C’est le cas dans le canton de Tourou, localité qui englobe 16 villages majoritairement chrétiens, une femme de 36 ans et une fille de 17 ans ont été victimes d’enlèvements le 3 juillet 2019 et forcées à se convertir à l’islam. Elles effectuaient des travaux ménagers pour les terroristes jusqu’au 15 juillet où elles ont trouvé une occasion de s’enfuir.

Face à cette situation qui perdure depuis environ 5 ans, les populations de l’Extrême-Nord ont le sentiment d’être abandonnées à elles-mêmes.  Amnesty international préconise que « Les autorités camerounaises doivent veiller à garantir leur protection et répondre au droit des individus à un niveau de vie suffisant ».

 

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