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Cameroun- Politique : Clair-obscur sur les relations à venir avec les Etats - Unies

Des nouvelles sanctions sont à envisager par l’Administration de Donal Trump contre le Cameroun, malgré la nature des relations qu’elle qualifie de cordiales avec le pays de Paul BIYA.
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11/28/2019 - 15:53
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur en chef
Cameroun- Politique : Clair-obscur sur les relations à venir avec les Etats - Unies

Mis au défi de devoir ramener la paix et la sécurité dans les régions anglophones du pays en crise depuis 2016, le Camerounais Paul BIYA semble avoir perdu le sommeil autour de cette mission dont il se fait pourtant l’apôtre au quotidien. Les derniers mois écoulés n’auront pour cela pas été aisés pour lui. Acculé comme il est en ce moment sur le plan interne par des revendications multiformes, menacé sur le plan international pour des faits présumés de violation de droits de l’homme, il ne fait certainement pas bon d’être à sa place ces derniers moments. Tellement tout ou presque semble lui tourner le dos, au point d’avoir à intervenir de partout et en urgence.

Toujours en attente sur le terrain de l’implémentation des résolutions du dernier Grand Dialogue National, engagé dans un processus électoral complexe, le voici, Paul Biya, à devoir faire face au milieu de tout cela, aux nouvelles menaces de sanctions de la part des Etats –Unis.

En effet, dans une récente sortie du Secrétaire d’Etat Adjoint Américain aux Affaires Africaines en date du 27 Novembre 2019, Nagy Tibor déclarait que « bien que les relations avec le Cameroun et les Etats- unis restent cordiales, de lourdes sanctions seraient appliquées si le pays d’Afrique Centrale continuait obstinément à violer les lois internationales des Droits de l’homme. »

Une déclaration qui intervient dans un contexte de négociations avec le gouvernement Américain, entamées par la partie Camerounaise, pour la levée des sanctions excluant dès Janvier 2020, le pays de Paul BIYA de l’AGOA. Une délégation Camerounaise conduite par le Ministre Délégué au Ministère des Affaires Etrangères, Felix Mbayu, vient d’ailleurs d’effectuer une mission à Washington à cet effet, question d’apporter des arguments nouveaux pour sauver le logo Cameroun. Au cours d’un point de presse donné aux médias locaux Américains, l’émissaire Camerounais parlant des sécessionnistes va déclarer ce qui suit : « Nous avons sous-estimé leur force et leur unité. Nous avons également perdu 741 soldats Camerounais. Nous prions les Etats – Unis de sanctionner les groupes de défense de l’Ambazonie. »

Des propos qui ne porteront pas l’effet escompté sur l’Administration Américaine, laquelle à travers Monsieur Tibot, invitera le gouvernement de Paul Biya à se plier aux exigences à lui poser, seules conditions selon lui pour réintégrer l’AGOA : « Ne gaspillez pas l’argent des contribuables pour implorer les Etats- Unis d’assouplir les sanctions de l’AGOA », a-t-il laissé entendre.

 Sur la nature des sanctions qui pourraient suivre si le Cameroun ne se conformait pas aux exigences des Etats-Unis, Tim Hans, un diplomate Américain de premier plan, a laissé entendre que de nouvelles sanctions contre le Cameroun pourraient ressembler à celles qui ont été appliquées contre le régime Zimbabwéen de l’ancien Président Robert Mugabe.

Selon Human Rights Watch, de nombreux dégâts ont été causés dans le cadre de la crise anglophone.  Au moins 12 000 civils ont été tués depuis 2016.  Un demi-million d'anglophones vivent en tant que réfugiés ailleurs en Afrique, et des centaines de milliers de personnes sont déplacées.

Des chiffres régulièrement démentis par le gouvernement Camerounais, lequel apporte à chaque fois les preuves et les arguments de sa position.

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