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Cameroun-Crise anglophone : L’Amérique fait pression sur Yaoundé

 « Les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne veulent pas d’une décentralisation symbolique avec les mots sur le papier », a déclaré le secrétaire Américain chargé des affaires Africaines, Tibor Nagy. Il s’est exprimé le 17 Janvier 2020 sur la Radio France Internationale (RFI).
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01/17/2020 - 14:22
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Crise anglophone : L’Amérique fait pression sur Yaoundé

 

La crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun inquiète le diplomate Américain Tibor NAGY. Invité de RFI matin le 17 janvier 2020, le sous-secrétaire Américain chargé des affaires Africaines, a passé en revue l’actualité politique de certains pays africains. Il a profité de l’occasion pour dire quelques mots sur la situation sécuritaire en zone anglophone.

Le « Monsieur Afrique » de Donald TRUMP sollicite une véritable mise en application des mesures prises au cours du Grand Dialogue National, tenu du 30 Septembre au 4 Octobre 2019. Parmi ces dernières, un statut spécial a été accordé aux deux régions en crises. Pourtant, rien n’est satisfaisant sur le terrain. La zone anglophone est le théâtre des enlèvements, des tueries, des affrontements entre l’armée camerounaise et les séparatistes anglophones. Ces derniers réclament leur autonomie. « Mais ce qui compte vraiment c’est la mise en œuvre des décisions. Ce qui compte plus pour les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest c’est la décentralisation authentique, elles ne veulent pas d’une décentralisation symbolique avec seulement les mots sur le papier, les beaux discours. Malheureusement chaque jour qui passe, de plus en plus de personnes dans ces deux régions sont tentées par la solution d’avoir leur propre pays », affirme Tibor NAGY.  

L’intervention du secrétaire Américain des affaires Africaines, apparait au moment où la crise anglophone impacte de plus en plus sur la stabilité du pays, et sur la tenue effective des élections législatives et Municipales du 9 février prochaine. Le diplomate se prononce au moment où les mesures prises par le gouvernement camerounais sonnent comme un coup d’épée dans l’eau. Bref, au moment où les choses vont de mal en pire au Cameroun.

Lisez l’intégralité de l’entretien de Tibor NAGY et de Christophe BOISBOUVIER journaliste de Rfi.

Au Cameroun, suite à une grande conférence nationale d’octobre dernier, le président Paul Biya propose un statut spécial pour les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qu’est-ce que vous en pensez ?

« Ce que je peux vous dire c’est que le Cameroun c’est un pays qui m’empêche de dormir, pour lequel mon cœur saigne. Oui le dialogue national a été un pas positif, oui la libération des prisonniers politiques par le président Paul Biya a été un pas positif. La semaine dernière j’ai rencontré l’un de ses opposants Monsieur Maurice Kamto. Mais ce qui compte vraiment c’est la mise en œuvre des décisions. Ce qui compte plus pour les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest c’est la décentralisation authentique, elles ne veulent pas d’une décentralisation symbolique avec seulement les mots sur le papier, les beaux discours. Malheureusement chaque jour qui passe, de plus en plus de personnes dans ces deux régions sont tentées par la solution d’avoir leur propre pays. Pour les États-Unis, c’est une mauvaise solution. Car le Cameroun est un seul pays avec deux systèmes. Mais il faut une réelle décentralisation ; et c’est la mise en œuvre, c’est ce qui se passe sur le terrain.

Donc ce que vous dites c’est que c’est un premier pas mais cela ne suffit pas ?

Oui parce que vous pouvez avoir une conférence et des conclusions, mais après, que se passe-t-il sur le terrain ? Quelle proportion de la décentralisation est consacrée à la décentralisation ? A quels postes sont placés les gens élus et les gens nommées ? S’il y a les postes sélectifs, y aurait-il les postes hiérarchiquement supérieurs qui relèveront d’une nomination du président ? Les populations doivent prendre le contrôle de leur propre vie et de leur héritage.

 

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