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Cameroun-Crise Anglophone : L’ONU en veut aux officiels de Yaoundé

Le Ministre de l’Administration Territoriale Paul ATANGA NJI, a déclaré samedi 28 Décembre 2019 devant la presse Camerounaise qu’il y’a 152 000 déplacés internes, contrairement aux 600 000 déplacés, chiffre rendu public par l’ONU.
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12/31/2019 - 15:09
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Crise Anglophone : L’ONU en veut aux officiels de Yaoundé

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a répondu Lundi 30 Décembre 2019, aux accusations et aux chiffres taxés de « faux », qu’a présenté Le Ministère de l’Administration Territoriale devant la presse Camerounaise.  « Les statistiques sur la situation humanitaire au Camerone ne sont pas des Fake news. En effet 4,3 millions de personnes sont en urgence et pour l’heure, seul 41% des besoins sont couvert ».  

Pourtant Paul ATANGA estimait que certains chiffres publiés par les Organisations non Gouvernementales sont quelques fois biaisés, ceci dans l’ultime objectif de mettre en doute la stabilité du pays. « Le But de cette manipulation honteuse est clair : prouver que le gouvernement de la république du Cameroun est incapable de gérer la situation humanitaire et susciter une intervention de la communauté internationale, soi-disant, sous le couvert du droit d’ingérence humanitaire » a déclaré Paul ATANGA NJI samedi 28 Décembre à la presse Camerounaise. 

Contrairement aux 600 000 déplacés estimé par l’ONU, le MINAT affirme autre chose « Ceci dit, je tiens à préciser que le Cameroun à ce jour n’a que 152 000 déplacés internes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et environ 6 à 9000 déplacés internes dans les autres régions : Ouest ; Littoral, Centre et Adamaoua dans la moindre mesure ».

De cette réponse nouvellement donnée par l’ONU, il faut redouter les chiffres officielles rendus public par le gouvernement camerounais. Ces propos du MINAT ne laissent d’ailleurs pas indifférents les acteurs de la société civils. D’aucuns estiment que « il y’a des gens qui prennent des risques pour aller dans le Sud-Ouest et le Nord-ouest apporter de l’aide aux victimes. Quand ils entendent qu’il y’a pas de problème alors qu’ils se mettent en danger, l’on se demande ce qui se passe. Quand une information officielle est fausse ce n’est pas bon. Ça discrédite tout le pays. Que le Ministre vienne et on lui donnera près de 9000 déplacés dans les quartiers. Il y’a des centaines de milliers de déplacés, repartis dans presque toutes les régions du Cameroun », affirme Philipe NANGA, coordonateur de l'ONG un Monde Avenir au micro d’équinoxe télévision.

Dans la poursuite de ses propos, Paul ATANGA NJI accuse aussi les organisations humanitaires de faire circuler les armes dans les régions anglophones. A cette imputation l’Onu répond « Les travailleurs de l’aide devraient être soutenus, non ciblés ».

Au cours de sa communication, le ministre a rejeté l’idée d’une crise humanitaire au Cameroun : « Il y’a pas de crise humanitaire au Cameroun. La situation est sous contrôle » 

Cette crise n’a pas que fait des déplacés, mais a laissé plusieurs enfants à la merci d’une sous scolarisation sans précédent. En Novembre 2019, l’ONU a publié sur son journal des chiffres inquiétants du nombre d’enfants privés de scolarité au Cameroun, du fait de la crise sociopolitique : « Plus de 850.000 enfants ont déserté les écoles dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun, à cause de la violence, selon un communiqué de l’UNICEF ». Pour essayer de joindre les deux bouts, les parents de ces derniers sont contraints de quitter leurs villes et villages respectifs pour s’établir ailleurs.

Devant les membres du Conseil des nations unies en Juin 2019, Louncény FALL envoyé de l’ONU au Cameroun, avait proposé entre autre, un dialogue inclusif, dans le but de résoudre cette crise humanitaire « Conduire un dialogue inclusif est le meilleur moyen de préserver la stabilité du pays, stabilité qui est vitale pour la sous-région. J’encourage les autorités camerounaises à poursuivre leurs efforts de dialogue et à faire avancer le processus de décentralisation », Une proposition qui avait d’ailleurs été prise en compte par le gouvernement camerounais. Du 31 septembre au 4 Octobre 2019, un dialogue entre certains présumés séparatistes et le régime de Yaoundé avait inéluctablement eu lieu. Cependant Les crimes, les enlèvements et les attaques enregistrés par la suite sur le terrain, ont laissé croire que ce dialogue n’avait pas été effectif.

La réaction du gouvernement Camerounais reste attendue autour de cette autre sortie de l’ONU au sujet de la gestion querellée qui est faite de la crise anglophone.

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