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Cameroun-Education : De la théorie au numérique

Le numérique et les progrès technologiques bouleversent toute la société. Ils sont au cœur des attentes des citoyens et des préoccupations des collectivités. Pour les villes, les départements, les régions, ils constituent un levier d’innovation, de dynamisme et d’attractivité.
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01/13/2020 - 16:23
Zenani Kanga
Stagiaire
Cameroun-Education : De la théorie au numérique

Engagés aux côtés des collectivités en faveur de l’éducation, depuis 30 ans, nous n’avons de cesse de concevoir des solutions pour simplifier le travail des enseignants et développer la créativité des élèves, avec la conviction que le numérique n’est pas une fin mais un moyen pour assister les enseignants et leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier : la pédagogie. La transformation numérique est déjà amorcée dans l’éducation mais ce n’est pas qu’un progrès technique, c’est aussi un projet de société favorisant l’inclusion de tous et la démocratisation des opportunités offertes par la technologie. A l’école, cela se traduit par la mise à disposition des élèves et des enseignants d’outils innovants pour favoriser la réussite scolaire et par l’inclusion de tous les élèves. Les élèves d’aujourd’hui n’ont jamais connu de vie sans Internet : courrier électronique, recherche sur le web, clavardage, blogues, publication de vidéos, jeux en ligne, téléchargement de musique, etc.

De nombreux élèves apprennent avec ces nouvelles technologies, mais pas nécessairement dans le contexte scolaire. De ce fait, ces TIC contribuent notamment à changer les relations que nos enfants ont avec les savoirs scolaires. Il s’agit là d’un des défis importants pour l’enseignement d’aujourd’hui. La mission essentielle des enseignants en la matière est de faire évoluer les pratiques ludiques des élèves avec l’ordinateur vers des comportements plus professionnels.

Comme l’indiquait Kofi Annan lors du Sommet mondial sur la société de l’information, nous vivons à une époque de mutations rapides où les technologies jouent un rôle de plus en plus central dans tous les domaines de l’existence des individus. Les technologies ont aussi une influence croissante sur l’évolution de l’ensemble des sociétés et affectent de façon significative leurs dimensions économiques, sociales et éducatives. Par exemple, en quelques années à peine, les salles de classe de partout au Québec se sont métamorphosées : des élèves équipés d’ordinateurs portables ou des projets scolaires où chaque élève possède sa propre tablette tactile sont maintenant monnaie courante, tout particulièrement dans les établissements de la Fédération des établissements d’enseignement privé (FEEP).

En général, ce qui est mis de l’avant pour justifier cette implantation massive du numérique, c’est que les technologies sont susceptibles d’augmenter la réussite éducative ou scolaire des apprenants, en améliorant la pratique pédagogique des enseignants, en diversifiant la nature des ressources pédagogiques (graphiques, vidéo, audio, etc.) et en augmentant l’interactivité des activités d’enseignement-apprentissage.

Avec les tablettes, on approfondit, on assimile mieux

Réunis dans la même classe dans la ville d’Obala, région du Centre, Cameroun. Les élèves de CM1 et de CM2 passent une journée par semaine en moyenne sur leur tablette à réviser les leçons, faire des exercices de français, de maths et d’initiation à l’informatique. « On leur apprend à saisir les mots-clés et aussi à se servir de Word et Excel », explique Joséphine MOLI, Enseignante. « Ça me donne la sagesse et ça m’apprend les mots », nous dit Marie Emmanuelle ASSE, 11 ans, avant de confier qu’elle préfère quand même jouer sur le Smartphone de sa maman qu’avec les tablettes de l’école. NGANGA Guillaume Evans, 10 ans, préfère quant à lui les cours de musique en live. « Avec les tablettes, on approfondit, on assimile mieux. Ça facilite le travail pédagogique et les enfants sont contents, c’est comme un jeu », ajoute la Directrice.

Autre avantage, les élèves des écoles numériques partagent le même réseau. Les participants choisissent un sujet libre, qui doit concerner un trait culturel de proximité. Les élèves d’Obala ont ainsi choisi d’écrire sur le rite de l’Essani chez les Beti et sur la chefferie Ateba Ebe d’Obala.

Le propre du métier d’enseignant est d’être plongé souvent dans l’incertitude, l’improvisation. Il doit s’adapter à un public de plus en plus hétérogène, notamment en ce qui concerne l’utilisation des nouvelles technologies. Le milieu scolaire n’échappe pas au constat fait dans d’autres sphères professionnelles : les TIC remettent en cause une organisation, mais aussi une identité professionnelle, et une inscription sociale en mouvement, donc les conditions mêmes de leur appropriation. Le défi des enseignants est de créer des ruptures dans les comportements spontanés des élèves avant Internet, de se placer dans un rôle d’accompagnateurs de changement. Les profs ont pour nouvelle mission de faire évoluer chez les élèves une culture de loisirs numériques vers une culture numérique scolaire.

 Parallèlement, l’enjeu pour l’institution scolaire est de proposer à son personnel des dispositifs qui accompagnent leur remise en cause et font bouger leurs pratiques ainsi que les normes et les valeurs de la culture scolaire, pour pouvoir s’adapter à cette mission nouvelle.

 

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