Onglets principaux

Economie

Cameroun : Trois régions déclarées zones sinistrées

Selon le décret du 02 septembre 2019, les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et Sud-Ouest ont été déclarées « zones économiquement sinistrées. »
349 vues
09/04/2019 - 13:36
lucien embom
Journaliste

Des incitations diverses sont offertes aux entreprises désireuses de s’implanter dans les zones touchées par l’insécurité. Ces incitations prennent la forme d’exonération d’impôts pendant une période de 3 ans. L’économie est en péril dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest à cause des troubles sociaux engendrés par les séparatistes anglophones. A l’Extrême-Nord, ce sont les exactions de la secte islamiste Boko Haram qui mettent l’économie en difficulté.

L’économie du Nord-Ouest et Sud-Ouest constitue près de 20% du patrimoine camerounais. Elle s’effondre littéralement, tout au moins en ce qui concerne le secteur formel et les répercussions se font de plus en plus ressentir dans le reste du pays. Toutes les entreprises menant directement ou indirectement des activités dans ces régions, indiquent que leurs activités y sont désormais en berne.

 La situation se caractérise entre autres par la fermeture de la plupart des unités de production, le retrait de la présence, la rupture involontaire des contrats avec les partenaires et sous-traitants, l’annulation des plans d’extension, d’investissement et de négociations avec des partenaires étrangers qui se basent souvent sur la capacité de leurs partenaires locaux à s’étendre et conquérir de nouveaux marchés.

Dans la filière café-cacao, on note une perte de 56 milliards (20%) de recettes d’exportation. CDC et PAMOL sont sinistrés. Plus de 01 milliard FCFA de biens détruits pour la première société et 12 milliards de manque à gagner, pour la seconde. La crise touche de plein fouet ces deux fleurons de l’économie camerounaise. Pour la CDC par exemple, la situation fait état de ce que sur 12 sites sont en arrêt total de production.

10 sites ne sont plus que partiellement opérationnels en raison des interruptions sporadiques d’activités suite à des attaques de groupes armés, des interruptions de l’alimentation en énergie électrique ou à cause de l’inaccessibilité à certaines zones. 6124 emplois sont déjà perdus et 5805 autres relevant des sites partiellement opérationnels sont gravement menacés. Ce qui représente 71% de l’effectif total employé par la société.

Avant l’arrivée de Boko Haram, l’Extrême-Nord était déjà la région la plus pauvre du Cameroun, avec 74.3% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. La moyenne nationale du taux de pauvreté est de 34.5%. Les exactions de Boko Haram ont aggravé la situation et, plus que par le passé, l’Extrême-Nord est perçu comme une région à assister et non comme une zone d’opportunités économiques.

 

 

 

Étiquettes: