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Cameroun- Economie : Incertitudes autour du chantier 2020 de la SEMRY

La Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry), est ambitieuse pour l’année 2020 qui démarre. Elle a la prétention de mettre sur le marché Camerounais 45 000 tonnes de riz blanchi, pour aider à juguler le déficit en la matière.
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01/16/2020 - 16:38
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur en chef
Cameroun- Economie : Incertitudes autour du chantier 2020 de la SEMRY

 A les entendre parler, les dirigeants de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) semblent avoir surmonter toutes les difficultés sur leur passage, dans l’atteinte de leur objectif de mise à disposition de 45 000 tonnes de riz blanc pour l’année 2020 en cours. Pourtant, à bien y regarder, la situation ne donne pas à espérer autant. Tellement les problèmes d’hier sont restés entiers aujourd’hui. Difficultés de transport, moyens financiers insuffisants, faible production, des producteurs mal payés, sont entre autres problèmes qui donnent quelque peu à relativiser ces ambitions.

La rencontre tenue donc le 13 Janvier 2020 à Yaoundé entre le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana et les acteurs des filières boissons hygiéniques, riz, poissons, huile de palme, farine de blé et pâtes alimentaires ressemblerait donc de beaucoup aux précédentes organisées sous le prétexte du même objectif à savoir : Evaluer les performances 2019 et établir le calendrier des approvisionnements en 2020. « Le ministre tient régulièrement ces réunions mais après on ne voit rien. Même nous qui sommes commerçants avons des difficultés à trouver le riz local. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle son prix est élevé par rapport aux autres qualités qu’on fait venir de l’extérieur du pays », explique Ahmadou, commerçant dans un marché de la place à Yaoundé.

 L’enjeu autour de la production nationale du riz reste donc entier et les actions pour combler le déficit existant encore insuffisantes. C’est en tout cas le constat qui se dégage à l’observation des chiffres disponibles, qui font état d’une production de la SEMRY et de ses producteurs, atteignant à peine 100 000 tonnes par an, pour une demande nationale dépassant 300 000 tonnes de riz.

Ce qui oblige régulièrement l’Etat du Cameroun à se mobiliser pour donner une bouffée d’oxygène aux consommateurs. Tenez par exemple, de 2015 à 2017, le déficit a poussé le pays à importer cette denrée alimentaire pour 508 milliards de FCFA, selon les données du ministère du Commerce. Cela fait en moyenne 160 milliards de FCFA dépensés par an pour combler la demande de plus de 300 000 tonnes. Des dépenses bien supérieures au 300 millions de FCFA accordés annuellement par l’Etat à la Semry.

 Il y a pourtant quelques années, en 2018 précisément, la Banque Mondiale dans une de ses sorties concluait à l’échec de la SEMRY, et préconisait alors une profonde réforme en faisant plus de place aux acteurs privés locaux.  « Par rapport à ce qu’on a vu et aux réalités locales, on souhaiterait une implication plus forte du secteur privé dans la production du riz », avait alors souligné Pierre Boulenger, spécialiste principal eau et assainissement à la Banque Mondiale. Des recommandations restées aujourd’hui sans réelle implémentation. Pas si sûr qu’en Décembre 2020, la Semry aura réellement mis sur le marché les 45 000 tonnes promises de riz Blanc.

 

 

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