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Cameroun-Interview : Enjeux et perspectives de formation autour du festival AFRICA MAKE UP WEEK

Alors que les lampions de la seconde édition se sont éteints le 16 Novembre 2019, la promotrice Merveille AKAMBA a bien voulu préciser les enjeux de ces autres sorties au micro de votre rédaction. Dans un entretien que nous vous proposons.
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11/20/2019 - 15:42
Zenani Kanga
Stagiaire
Cameroun-Interview : Enjeux et perspectives de formation autour du festival AFRICA MAKE UP WEEK

Présenter nous l’édition 2019 de votre Festival.

Je pense que ça été un franc succès compte tenu des difficultés que nous avons rencontrées. Bien attendu on va dire que le festival se préparait déjà depuis 10 mois, cette édition a eu le temps de murir mais comme vous savez un évènement comme celui-ci quand il n’a pas d’appui financier c’est assez compliqué nous avons eu l’appui logistique du ministère des transports et quelques institutions nous ont accompagné. Notre grande innovation est que nous sommes parti d’un festival camerounais a un festival panafricain. 

A quoi obéissent les changements opérés cette année ?

On reste dans la même logique celle de sensibiliser aux maximum des personnes et nos travaux et nos petites publications sur les réseaux sociaux ont touches les autorités d’autre pays qui ont tenu à nous accompagner à nous soutenir en faisant le déplacement de leur pays notamment le Congo Brazzaville et le Burkina Faso ça apporte un plus à évènement en lui donnant la place d’un festival panafricain on espère que cela portera des plus grands fruits dans l’avenir. 

Comment jugez-vous l’impact de votre festival sur le public ?

 L’impact est plutôt positif. Au départ, on avait peur que les gens sont peur du travail de reconstitution et de nos dénonciations des faits qui est pour nous, l’outil de sensibilisation car, on remet en scène des tranches de vie. Cette année, nous avons reproduit à travers des pinceaux un accident de la route, on a raconté l’histoire à travers les pinceaux et c’était assez violent cela a impacté le public au point ou pendant les descentes, le public était subjugué et, je pense qu’on a tout intérêt à garder le public avec nos en les sensibilisant avec nos images. 

Que faites-vous entre deux festivals ?

Je suis cinéaste et technicienne de cinéma et de spectacle, donc quand je ne suis pas entrain de préparer le festival AFRICA MAKE UP WEEK je suis sur les plateaux de tournage pour apporte mon petit édifice dans l’univers du cinéma, du théâtre et de l’évènementiel camerounais. 

A part le temps du festival, avez-vous une autre plateforme au cours de l’année pour initier les non pratiquants au make up ?

Oui dans le cadre de l’association des maquilleurs de cinéma et de spectacle au Cameroun nous organisons régulièrement des ateliers de formations à cout réduit qui permettent de sensibiliser d’édifier les gens sur le métier de maquilleur en leur donnant des bases. Nous donnons aussi des conseils aux jeunes dames qui veulent se maquiller pour des occasions particulières sans l’aide de personne. 

Concrètement comment travaillez–vous ?

 Ah je ne sais pas comment répondre à cette question. Bref je travaille sur des contrats établis, avec des productions ou sur les travaux des organisations d’évènements comme des défilés de mode, les concours de beautés, des mariages et autres évènements ou occasion heureux ou malheureux. Je suis très souvent parti du pays pour honorer des rendez-vous professionnels. 

Que faites-vous pour accroitre la visibilité de votre festival ?

Ça c’est ma bête noire je ne sais pas quoi faire. Je ne suis pas quelqu’un de très ostentatoire, tant que je ne suis pas oblige des sortir de mon environnement de mon cocon, j’ai du mal à forcer la main aux gens. C’est un peu une de mes difficultés, je me dis que tout le monde comprend, j’ai du mal à vendre mon talent, à communiquer sur ce que je fais, j’ai du mal à me trouver une plateforme de visibilité. C’est un exercice difficile de communiquer je crois qu’il n’a que les medias qui pourront m’aider et si peux être un jour j’ai un manager il saura quoi faire. 

Quels sont les enjeux autour de votre festival et par extensionsur votre métier ?

 Les enjeux sont énormes, Car au Cameroun nous avons toutes les difficultés du monde pour être make up artistes. C’est très dur il n’a pas de matériel on pas de produits, tout ce que j’utile je fabrique moi-même, on pas de production qui nous permettent de commander de l’extérieur pare ce que n’a jamais de budget c’est assez pénible. On vise à travers ce festival que les gens nous attendent qu’ils comprennent que nous sommes un métier, que nous sommes un département technique de la chaine cinématographique et audiovisuels, les gens devraient pouvoir nous donner notre place d’artistes plasticiens. Il faut que les pouvoirs publics se tourne vers nous et nous considèrent, dont quand on décide des droit d’auteur qu’on sache qu’il y a un corps de métier qu’on appelle maquillage qui est très complexe loin des clichés du communs des mortels. Donc les enjeux sont énormes et les difficultés aussi. 

Quels sont les chantiers après le festival ?

 Après le festival, j’ai un plateau qui commence demain matin [Dimanche 17/11/2019] je n’ai pas le temps de me reposer, après ce tournage, on prépare déjà des ateliers avec des formateurs qui viendront de l’extérieur en plus de ça, les cours reprennent au Centre de formation de l’association des maquilleurs de cinéma et de spectacle au Cameroun et commencer à préparer la troisième édition de AFRICA MAKE UP WEEK. 

Quel regard jetez-vous sur le maquillage au Cameroun ?

 C’est un regard favorable, car notre pays a cette manie de s’approprier des choses. Depuis mon aventure dans le maquillage, j’ai suscité des vocations, c’est juste qu’il ya trop d’ego dans ce secteur, beaucoup de femmes sans formation se sont lancés dans ce métier, qui est à la base celui d’homme et font n’importe quoi. Notre métier est rempli de gombistes qui évolue en solitaire. Il y a trop de lutte, trop de combat entre nous ce qui discrédite notre travail auprès du public. 

Quels sont vos rapports avec l’Etat du Cameroun ?

 Mes rapports avec l’Etat du Cameroun sont sereins malgré le fait que nous avons été inquiétés lors des précédentes émeutes, ou on nous accuse d’avoir été à l’origine de certaines blessures sur certaines hommes politiques ce qui n’a pas été le cas du coup, il y a eu une ruée sur mon association et ses membres. Cela a créé ce que ça crée, nous avons fait des démentis, j’ai été convoqué par les autorités pour m’expliquer et j’ai dû demandé de l’aide à mes collègues maquilleurs en France, pour m’aider à établir la véracité des faits sur les vidéos et images publies sur la toile. Sinon, depuis la première édition le ministère des arts et de la culture a tenu à nous accompagner et nous attendons toujours ce qui a été produit. Cette année, nous avons l’appui logistique du ministère des transports. Les relations vont bon train, la plupart n’ont pas encore compris que le maquillage est un outil de sensibilisation majeur. 

Thierry EDZEGUE

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