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Cameroun- Culture : Modernité et Tradition se bousculent au village Sodiko

Petite bourgade au cœur du poumon économique du Cameroun ce réservoir culturel et traditionnel se laisse découvrir par ses sites culturels anciens et son expansion au modernisme.
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11/07/2019 - 13:13
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Culture :  Modernité et Tradition se bousculent au village Sodiko

Situé dans l’arrondissement de Douala 4, le village SODIKO renferme en son sein un mystère, tant au niveau de sa dénomination qu’au niveau de l’origine de ses autochtones. Installés entre le 14e et 15e siècle sur les berges de la Dibamba et du Wouri, ils décident un jour de traverser pour aller s’installer sur la rive droite jusque-là inhabitée. Les Sodikos sont des authentiques bassa qui comptent quatre grands clans à savoir ; BONA NJAKI (Clan régnant), BONA ESOKA, BONA DISOME et BONA NDOUMBE. A la question de savoir ce que signifie SODIKO, le premier notable EPEE BEDOUKE répond : « Concernant l’origine du nom de notre village j’ai deux versions.  La première qui est scientifique qui dit que le nom SODIKO s’explique de la manière suivante ‘’SO’’ qui veut dire sanctuaire, HIKO OLI qui est le recteur dudit sanctuaire et DIKO qui est le pluriel de HIKO, SODIKO est donc la contraction de ‘’SODIKO DI MBOG’’ ou ’’SO DIKO MBOG‘’, le sanctuaire des juge administratif Mbog. Ensuite la seconde version qui dit que notre Canton s’appelait initialement ‘’SOLADIKO’’ qui veut dire à la recherche du vin de raphia, plus tard l’appellation est devenue SODIKO ».

L’occupation géographique de SODIKO est définie naturellement par deux partie. Le versant Est {SODIKO URBAIN}] constitue de 13 blocs rattachés à Bonassama et le versant Ouest (DIKO RURAL) qui compte en son sein 09 blocs. Ces deux entités sont séparées par une rivière. Miroir de la capitale économique du Cameroun, SODIKO ravitaillent la ville en viande car c’est sur ses terres que se trouve l’abattoir de Douala. Avec pour insigne et emblème LA TORTUE MARINE ET LE CHASSE MOUCHES. Les botins na mbongo, comme ils aiment se faire appeler, sont très ancrés dans les traditions et coutumes ancestrales, d’où la présence du Sanctuaire BOTINA, lieu par excellence de contact avec les ancêtres.

Sur le plan socioéconomique, sa majesté HIKO OLI 16 [Essombey Ndamwe Ness] a engagé sa communauté dans une série de projets de développement, notamment  la création  d’une unité de collecte et de transformation de la jacinthe d’eau ; l’aménagement d’un bois sauvage en zone écologique , la construction d’un marché moderne, la construction d’un complexe social ; la création de la société civile immobilière pour gérer le patrimoine foncier et reconstruire les logements locatifs ; la réhabilitation du sanctuaire et des rivières sacrées. A l’heure actuelle, certains chantiers sont avancés et se poursuivent sereinement sous le regard bien viellant du CERIAC (cercle de réflexion d’initiative de la chefferie.)

Véritable ilot d’espoir, SODIKO accueille et continue d’accepter d’autres peuples au sein de sa communauté. Pour faciliter l’intégration de ceux qu’ils appellent communauté nouvelle, les femmes sont mises à contribution et cela passe par « Un regroupement bimensuel des associations des femmes vivant à SODIKO, moment au cours desquels, elles échangent ; partagent et se forment gratuitement dans les métiers de l’art », nous a confié Anne NESS ESSOMBEY. Si le vivre ensemble reste et continue d'être un idéal pour l'État du Cameroun, pour ce peuple sawa, il est une réalité qui se consolide au jour le jour.

Thierry EDZEGUE envoyé spécial à Douala

 

 

 

 

 

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