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Cameroun- Culture : Ange Bagnia parle de son dernier projet musical intitulé Sérénité

Plus d’un mois après la sortie de son dernier projet musical dénommé Sérénité, l’artiste Camerounaise Ange Bagnia, dessine les grands traits de cette œuvre, dans cette interview accordée à votre rédaction.
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11/08/2019 - 18:29
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Culture : Ange Bagnia parle de son dernier projet musical intitulé Sérénité

Merci à vous d’avoir accepté de répondre aux questions de Cameroun online, commençons cet échange par la présentation de votre nouveau projet musical.

Je suis en train de mettre sur pied un album. Dont l’avant-gout est déjà sur le marché. L’album en lui-même s’appelle Sérénité. Il a douze titres. Mais j’ai choisi comme ça pour mes fans qui étaient déjà très affamés depuis dix ans d’absence, de leur donner cinq titres comme cadeau, en prélude aux fêtes de fin d’années. Cinq titres, cinq clips, c’est inédit, je l’ai fait pour eux, par amour pour eux, de manière exceptionnelle.

Que retrouve-t-on dans ces cinq titres ?

Dans les cinq titres déjà il y a DAGO, qui est véritablement mon registre, comme celui de Johnny où je mets en garde les hommes dans leur façon de traiter leurs femmes, leurs conjointes, et je les sensibilise aussi à plus d’amour et a plus d’attention envers leurs épouses. Quand on a une femme précieuse entre les mains, on s’en rend conscient que lorsqu’elle est partie, parce qu’on a pas su la conserver, parce qu’on l’a maltraitée, parce qu’on ne l’a pas valorisée, parce qu’au moment où on avait les moyens, on a préféré tourné son regard ailleurs, pensant que celle qui était à la maison n’avait pas d’importance, Et c’est quand quelqu’un d’autre vient la prendre qu’on se rend compte du trésor qu’on avait entre les mains. En fait je sensibilise les hommes parce que même quand il faut aller dehors, il faut savoir qu’on a un bijou à la maison, il faut savoir valoriser son épouse, sa compagne, c’est un peu la leçon du titre DAGO.

Ensuite il y a un bikutsi, il faut choisir. C’est l’histoire d’un homme qui a les grands yeux mais avec un cœur faible. En fait, c’est l’histoire de tous les hommes. Parce que nous savons qu’en Afrique les hommes voudraient bien avoir mille femmes. Quatre épouses, cinq ou six, c’est bien beau, mais il faut encore avoir la possibilité de les supporter, les potentialités de le faire. Alors tu ne peux vouloir la jeune fille, l’épouse à la maison, les enfants, la maitresse à toi tout seul, ce n’est pas possible, il faut choisir.

Il y a ensuite Makwak, qui est un ben skin, qui parle de la polygamie. Je ne juge pas la polygamie, d’ailleurs je suis née dans une famille polygamique. Juste pour dire que lorsqu’on a choisi d’être polygame il faut assumer. Et là je m’adresse directement aux femmes qui choisissent la polygamie et puis, quand elles y entrent, elles se mettent dans des guerres, elles impliquent des enfants dans ces guerres. Si tu as choisi d’être polygame, il faut assumer, tu n’as pas à jalouser ta coépouse, à détester ses enfants au point de penser parfois à l’irréparable. En fait je pense à tous les couples polygames et je leur dis beaucoup de courage, parce que je sors de là.

Il y a un autre titre HOMMAGE A CHARLOTTE MBANGO, c’est un makossa pur et dur. Je me suis permise de faire le tour des succès de cette grande dame de la chanson camerounaise et même africaine, qui a bercé mes débuts dans la musique, depuis les concerts scolaires au Lycée Général Leclerc, jusqu’à ma vie professionnelle. Je me suis dit que si un jour je me sens le talent, je me sens la capacité de chanter ses chansons, je le ferai. Je m’en suis sentie capable, j’espère que mes fans ne seront pas déçus et que j’aurai à travers cette chanson vraiment rehaussé, valorisé cette dame, partie très tôt dans notre univers musical.

Il y a NDOME, qui est un titre toujours convoité, toujours courtisé, toujours adulé par mes fans, et j’ai demandé à ma copine et sœur Nicole Mara, que nous allions nous amuser sur cette chanson-là, j’espère que les gens vont aimer. En fait c’est cinq titres que j’ai sortis en avant-goût de cet album Sérénité qui sortira en 2020. Le titre phare n’est pas parmi ces cinq titres.

A quelle surprise pourrait – on s’attendre dans cet album ?

     Déjà cinq titres. Un makossa en français, un makossa en douala qui est une reprise remarquable, je me permets de le dire, c’est déjà une grosse surprise. C’est une très grande surprise. Parce que avant moi, personne n’a eu le courage de reprendre, ce n’est même pas une reprise, c’est une revue d’un répertoire d’une seule artiste. J’ai revu plus de dix titres, dix chansons à succès d’un artiste, et je l’ai fait toute seule. Ce sont des choses qui ne se sont jamais faites au Cameroun. J’ai eu le courage de faire que du makossa, ce makossa que tout le monde aujourd’hui laisse tomber. Pour moi je me suis dit c’est un devoir. Faire cette compilation de Charlotte Mbango, c’est une grande surprise.

 Deuxièmement, m’assumer dans le bikutsi, de cette façon où je l’ai faite c’est une surprise, parce qu’on me connait dans le registre makossa. Donc aujourd’hui venir chanter le bikutsi et bien le chanter comme je l’ai fait, parce que c’est un bikutsi qui se jouait partout, devant toutes les autres stars du bikutsi, sans que je n’ai eu à frémir, c’est une surprise pour beaucoup de mes fans.

Troisièmement, Ndomè, revenir sur ce titre en acoustique avec une collègue, c’est une surprise également. Donc déjà sur le plan des cinq titres qui vont en avant garde de cet album, ils constituent une surprise pour les fans. C’est un vivre ensemble.

Quelles sont les actions qui accompagnent cette sortie ?

Les cinq titres sont disponibles depuis plus d’un mois aujourd’hui. La sortie officielle de ces titres a été faite le mois dernier. Donc on a eu à commettre des actions par rapport à ça. Nous avons fait une sortie au niveau du web, nous avons fait une sortie au niveau des radios. Les cinq titres sont disponibles et déjà très appréciés des Camerounais, très appréciés des Africains. Ça fait déjà la ronde des radios et boites de nuit et des places chaudes du continent. Mais il y aura une autre action qui sera faite à mon retour au Cameroun. Je vais faire un média tour de cinq régions du Cameroun, pour commencer par là. Donc média tour Ange Bagnia, c’est prévu à mon arrivée au Cameroun, soit en fin d’année, soit en début d’année, je ne sais pas encore exactement comment seront les spectacles qui me sont proposés.

Quels types de rapports avez-vous gardez avec la scène, pendant ces dix dernières années ?

Au bout de ces dix dernières années, j’avoue que je n’ai pas eu le temps, je me suis refusée même à faire des spectacles. Parce que j’étais entre mes études, les affaires, et puis j’avais ma vie de famille. Pendant ces dix dernières années, je me suis dit je ne peux pas couper complètement les ponts, je suis d’abord une chrétienne catholique, j’étais à la chorale, et j’étais en studio, cet album je le préparais minutieusement, donc je n’ai pas complètement coupé les ponts. J’étais entre le studio d’enregistrement pour mon album et la chorale où j’entretenais ma voix, donc je chantais en background.

Et les retrouvailles avec cette scène que vous avez abandonnée ?

Je ne l’ai pas abandonnée déjà. J’ai mis une pause, sur ma carrière musicale pour faire autre chose.

Quelle lecture faites-vous d’elle dix ans après?

Je trouve qu’il y a beaucoup de choses qui ont changé. Ça n’a pas toujours été négatif, même très positivement, la musique camerounaise aujourd’hui a quand même gagné en termes de notoriété sur l’opinion internationale. On voit les Camerounais un peu partout, c’est vrai que ce n’est pas le rythme que j’ai laissé qui est en avant aujourd’hui. Les choses changent, il faut savoir évoluer avec. Donc je suis tout à fait fière de ce que les jeunes ont pu faire aujourd’hui, de l’aura qu’ils ont apportée à la musique Camerounaise. Ce n’est pas toujours négatif, je trouve ça même très positif, mais on devrait pas parce qu’il y a un nouveau courant musical, perdre notre identité.

Comment revaloriser ce makossa qui se meurt dans cet environnement ?

 Il n’y a rien à faire que de rester soi-même. Parce que chacun a une identité. Quand je vais dans mon village, je sais que voilà mon rythme. Mais c’est normal de s’ouvrir aux autres. Parce qu’on dit s’ouvrir aux autres c’est s’enrichir. Mais tu ne peux pas t’enrichir si toi-même tu n’as pas d’identité, si tu n’existes plus. C’est vrai les jeunes se sont ouverts, dans tout ce qui est externe, ça leur sourit. C’est à nous de continuer à faire notre makossa comme on l’a toujours fait, il n’y a rien à changer. Il n’y a qu’à le conserver et à bien le chanter, à le valoriser sans le changer.

Et pour vos actions sociales à venir, existe-t-il déjà un calendrier de déploiement ?

Il clair que lors de mon média tour, il est question de faire le tour de certaines municipalités concernées par mon agenda et de faire le tour des associations, des orphelinats, et des familles les plus nécessiteuses, pour apporter mon soutien. Déjà ici au niveau international, l’un des contrats que j’ai eus, c’est la formation des associations, le renforcement des capacités des encadreurs d’orphelinats, la formation des jeunes, c’est une façon d’apporter ma contribution à l’allègement des souffrances des enfants et surtout, au problème de la formation jeune, et puis le phénomène du manque d’emplois. Parce que je crois qu’en formant les jeunes dans les familles, on contribue également à leur épanouissement.

 

 

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