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Cameroun- Décentralisation : L’effort sans lendemain apparent du Dialogue national

Le processus de décentralisation piétine depuis des années au Cameroun, alors que les lois votées et promulguées existent. Personne pour les mettre en application.
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10/11/2019 - 15:20
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Décentralisation : L’effort sans lendemain apparent du Dialogue national

Donnée pour être à la fois le problème et la solution aux difficultés socio politiques que traversent en ce moment le Cameroun, la décentralision, technique d’administration de l’Etat connait une implémentation timide, depuis plus de deux décennies aujourd’hui. Si bien qu’à ce stade, personne ne peut dire avec exactitude à quel niveau se situe-t-elle fondamentalement. L’administration centrale réticente à chaque fois que vient le temps de procéder au transfèrement de ces nombreux pouvoirs au bénéfice des entités locales de gestion, trouve toujours le moyen de discourir sur les faits et actes dont elle sait sans impact sur tout le processus.

Pourtant, tout le monde le sait au Cameroun, les lois sont souveraines, d’application stricte et de respect obligatoire, une fois votées au parlement, et promulguées par le Président de la République. Dans un Exposé du Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation chargée des collectivités de l’époque, Emmanuel EDOU, il apporte la précision suivante : « Trois importantes lois ont été votées en 2004, parmi lesquelles la loi d’orientation de la décentralisation, dont l’étude permet d’avoir une bonne connaissance des objectifs, des enjeux, des stratégies, des outils et des acteurs de la décentralisation dans notre pays ».  

Comment comprendre dès lors que les dispositions légales prévues par le constituant de 1996, et reprises dans les nombreux textes de lois qui consacrent la décentralisation au Cameroun soient ainsi foulées au pied, sans que personne ne soit amenée à lever son petit doigt pour dénoncer pareille dérive ? A cette question, beaucoup avaient pensé que les réponses viendraient du dernier Grand Dialogue National organisé du 30 Septembre au 04 Octobre 2019 à Yaoundé.  Au terme de ces travaux, la question fondamentale, semble avoir été esquivée. Celle de savoir, pourquoi jusqu’ici, alors que les lois ont été votées et promulguées, les fonds alloués mis à disposition, la décentralisation n’a pas toujours fait l’objet d’une application rigoureuse ? De quel côté se situe le problème, de celui des hommes c’est-à-dire l’appareil gouvernant, ou de l’autre en fait, composé des lois et règlements ?

Personne n’en saura rien, du moins pour le moment, puisque la commission chargée d’examiner cet axe au cours des travaux du Grand Dialogue National, s’est contentée, si l’on s’en tient aux indiscrétions glanées çà et là, à formuler des recommandations touchant aux textes de lois, alors même que celles-ci n’ont presque jamais fait l’objet d’une application rigoureuse, afin d’en détecter les failles. Comment corriger ce qui n’a jamais été fonctionnelle, et en trouver où se situe le problème ? C’est cela toute la Maggie du Cameroun.

Résultat, beaucoup en sont sortis de ce Dialogue, un peu comme ils y sont entrés et peut être pire, avec les confusions et limites d’hier toujours entretenues. C’est le cas notamment de celle liée à la suppression de certains postes administratifs, comme celui de Gouverneur de région, forçant ainsi le Ministère Camerounais en charge de la Décentralisation et du Développement Local à sortir de son silence, pour siffler la fin de la recréation en ces termes : « Nous avons deux types de régions : La région administrative et la région décentralisée. La Ière est dirigée par un Gouverneur nommé. La 2eme est dirigée par un Président du Conseil Régional élu. Les deux occupent le même territoire. » (Articles 57 et 58 de la constitution)

 C’est dire combien grand reste le fossé qui sépare le Cameroun de l’implémentation effective de sa décentralisation.

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