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Cameroun-Secteur informel : Le désarroi des grossistes du bitter kola

 Ils s’indignent du prix exorbitant du sac de bitter kola. Pour causes, la difficulté de transport, les troubles dans la frontière Nigeria Cameroun et l’insuffisance des productions.
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10/17/2019 - 16:12
Florelle SATEU
Florelle SATEU
Journaliste
Cameroun-Secteur informel : Le désarroi des grossistes du bitter kola

Le prix du sac de bitter kola a doublé sur le marché. En cette année 2019, il coute environ 300 000 FCFA contrairement à l’année 2017 où il se vendait à moins de 200 000 FCFA. Le lieudit hangar bassa au marché Mokolo à Yaoundé, est l’un des sites d’approvisionnements de la marchandise. En ce jeudi 17 octobre 2019, le ciel est nuageux. Dans ce climat de fraicheur, brouettes, poussepousses et transporteurs divers, entrent et ressortent avec des grands sacs de couleurs blanches d’environ 50KG. Les uns contiennent la kola traditionnelle et les autres du bitter kola. Les propriétaires de ces marchandises déballent le paquet et livrent aux revendeurs selon leur besoin.

Rose NGOHDJENG, une grossiste vient d’acheter un seau de 15 littres de bitter Kola à 57 000 FCFA. Elle le verse ensuite sur son comptoir. C’est le moment de faire le tri tripartite : les plus petites graines, les moins grosses et les plus grosses. Elle laisse ensuite la latitude aux revendeurs de faire le choix. Cette activité ne lui permet pas de subvenir à ses besoins parce que dit-elle : « Le prix d’un seau est très excessif et c’est à peine que je parviens à résoudre mes problèmes, encore moins épargner quelque chose pour l’éducation de ma progéniture » se désole-t-elle. Par ailleurs c’est par contrainte qu’elle persévère. Malgré les efforts qu’elle fournit, les choses vont de mal en pire. Cependant l’espoir y est : « Je suis dans cette activité depuis plus de 5 ans. Je ne peux pas l’abandonner pour errer au quartier. Je flatte les clients afin qu’ils ne me quittent pas. Malheureusement, quand le prix est trop élevé, ils me tournent le dos. Je suis consciente que la situation va s’améliorer car quand on vit il y’a espoir » conclut-elle.

Non loin de son comptoir, Christian KENFACK, un bleu dans le business, annonce déjà sa démission : « Je vais abandonner ce métier pour un autre. Ce n’est pas évident. J’ai effectué un emprunt pour acheter un sac. Aujourd’hui je me retrouve dans le pétrin. Le capital est fini et je n’ai pas encore payé la dette » dit-il. Les grossistes du bitter kola sont en crise parce que les fournisseurs eux-mêmes ont du pain sur la planche, depuis l’achat de la marchandise jusqu’au lieu de livraison.

Dieunedort BOUEKEBOUL, est un jeune fournisseur. Il se ravitaille dans le Mbam et Inoubou, situé dans la région du centre à plus de 100km de la ville de Yaoundé. Il y achète un sac à environ 150 000 FCFA. Du lieu d’achat jusqu’à l’axe lourd, il dépense énormément d’argent « je paye 30 à 50 000 FCFA pour le transport de 5 sacs, parce que les routes sont remplies de nids de poule. En plus de cela, je dépense en moyenne 60 000 FCFA pour arriver ici au marché Mokolo. Je suis ainsi contraint de laisser le sac à plus de 200 000FCFA » explique-t-il. Père de plusieurs enfants, le jeune homme passe à peine 2 nuits par semaine dans son domicile.

Le Nigeria aussi fournissait en quantité et en qualité le bitter Kola aux grossistes camerounais. Mais avec la crise qui sévit dans le Sud-Ouest Cameroun, il devient très difficile de mener à nouveau l’activité. Ceux qui parviennent à contourner ces difficultés, livrent un sac à 300 000 FCFA et parfois plus.

 

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