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Cameroun- Crise Anglophone : La condamnation qui fait craindre le pire à Buea et Bamenda

La condamnation à la prison à vie intervenue le 20 Août 2019 par le Tribunal Militaire de Yaoundé de Sisuku Ayuk TABE soulève des inquiétudes quant à la matérialisation du dialogue attendue.
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08/21/2019 - 13:30
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Crise Anglophone : La condamnation qui fait craindre le pire à Buea et Bamenda

Depuis la condamnation de Sisiku Ayuk TABE pour la prison à vie par le Tribunal Militaire de Yaoundé le 20 Août 2019, de nombreuses langues se sont déliées pour questionner l’opportunité d’une telle sanction, dans un contexte socio politique tendu où tous les acteurs appellent à l’unisson au dialogue. Dialogue pour congédier les haines d’hier et construire ensemble le pont des espérances de demain, dont le pays tout entier a besoin pour clamer au loin ses ambitions d’un réel vivre ensemble. Pendant que la majorité attend avec impatience de voir la forme que prendra ce dialogue sur le terrain, que déjà monte en puissance l’odeur nauséabonde d’un échec patent, véhiculé par des actes et décisions qui, au final ne pourraient t’avoir pour seul effets politiques que la multiplication du cercle de la violence et de la méfiance dans les zones en crise. « La décision de justice prononcée par le Tribunal Militaire, même si sur le fond est soutenue, reste inopportune sur la forme. J’entends d’ailleurs dire ça et là que monsieur Sisiku Ayuk TABE, n’est pas le vrai leader de la crise anglophone et que pour cela, il peut être condamné sans que cela ait des effets sur le dialogue. Ce que les gens oublient, c’est que vrai ou pas, monsieur Sisuku est bel et bien originaire de cette partie du pays en crise, et comme tel, sa condamnation à vie reste récupérable à tout moment par les vrais faux leaders de cette crise. » Argumente un Doctorant en Sciences Politiques à l’Université de Yaoundé II.

Beaucoup d’observateurs de la scène politique nationale ne sont donc pas passés par le dos de la cuillère pour critiquer cette sortie lourde du Tribunal Militaire de Yaoundé, la quelle selon eux vient diminuer les chances de la tenue d’un dialogue qui balbutie depuis son annonce. « Depuis qu’on annonce le dialogue personne ne voit rien. On a l’impression que tout est complètement bloqué. Alors que les obstacles qui freinent en ce moment la tenue de ce dialogue ne sont pas surmontés, quel est l’intérêt d’en ajouter d’autres ? » s’interroge à nouveau le même Doctorant en Sciences Politiques à L’université de Yaoundé II

Les semaines à venir pourraient donc se compliquer à Buea et Bamenda avec notamment, une probable augmentation de la violence et de l’insécurité, en solidarité au chef séparatiste et neuf autres de ses co-accusés condamnés à la prison à vie.  Pas si sûr que, dans ces conditions, la propagande réalisée régulièrement à Bamenda et Buea pour un retour normal à l’école par des politiciens qui vivent pourtant paisiblement à Douala et Yaoundé, tienne toutes les promesses.

 

 

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