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Politique

Cameroun – Opération Epervier : L’ancien Directeur Général de l’ART écroué à Kondengui

L’ancien Directeur Général de l’Agence de Régulation des Télécommunications séjourne en ce moment dans les cellules de la prison centrale de kodengui. Il lui est reproché des faits de détournement de fonds publics estimés à plusieurs milliards de francs CFA.
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08/09/2019 - 15:47
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun – Opération Epervier : L’ancien Directeur Général de l’ART écroué à kodengui

Donné parfois pour être en cavale, en tentative de fuite ou alors sous interdiction de quitter le pays, le feuilleton Jean-Louis BEH MENGUE, vient de livrer une partie de ses conclusions le 07 Aout dernier, avec sa mise aux arrêts à la prison centrale de Kodengui. Fin tragique d’un homme qui aura passé 18 ans de sa vie à la tête de l’Agence de Régulation des Télécommunications au Cameroun. Un destin bien que difficile, qui le fixe tout de même sur l’horizon des prochains jours, qu’il devra désormais envisager avec amertume, depuis les murs de la prison centrale de kodengui.

 Depuis son limogeage en 2017, la vie de cet ancien Secrétaire Général du Ministère des postes et Télécommunication n’aura pas été de tout repos. Entre enquêtes du Contrôle Supérieur de l’Etat, auditions au Tribunal Criminel Spécial, (juridiction spéciale chargée de connaitre des crimes de détournements), et sa santé fragile, entamée depuis des années, le cercle fatal de sa descente aux enfers se refermait un peu plus autour de lui chaque jour qui passait. Mais comment en est-il arrivé là ?

Il faut en effet remonter l’histoire pour tenter de capter la genèse de cette affaire. Et c’est dans une sortie du journal Le Messager du 15 Aout 2017, que Jean-Louis BEH MENGUE retraçait déjà lui-même les origines de cette affaire qui l’entraine aujourd’hui dans les profondeurs de Kodengui en ces termes « Le feuilleton remonte en 2007-2008 », au moment de manifester sa volonté de construire un immeuble siège de l’ART. « Nous voulions faire tout cela avec des fonds propres ; nous avions déjà accumulé plus de vingt millions. Le marché s’élevait à 13 millions. Nous avions été regardants sur la guerre des soumissionnaires et une volte-face contre les amateurs et les affairistes. Le marché a été accordé ; mais les perdants ont œuvré dans la manipulation ; jouant de mauvais perdants, ils se sont mis à manœuvrer dans les eaux troubles ; aveuglés par le fait que c’est moi qui avait attribué le marché à leur concurrent ; alors que c’était le premier ministre. Ils m’ont noirci, jeté en pâture et à la vindicte de mes collaborateurs, arguant que j’avais pris des pots-de-vin de près de deux milliards » conclut-il.

Dès lors, l’homme va perdre le sommeil. Le Contrôle Supérieur de l’Etat (Consupé) s’étant saisi du dossier, sa situation se complique davantage, après sa sortie aux affaires en 2017. Après huit mois de contrôle, le rapport des inspecteurs du Consupé, épingle l’ex-Dg, pour des fautes de gestion de l’ordre de 18 milliards. L’affaire reste en veilleuse pendant quelques temps, jusqu’à ce que le Dg, soit invité à s’expliquer au conseil de discipline budgétaire et financière. Parallèlement, un dossier de justice, est en plein montage au tribunal criminel spécial (Tcs). « Alors que je m’organise à présenter mes arguments de défense au Consupé, 72 heures après, je suis convoqué au Tcs. J’ai compris que j’étais pris entre deux feux ; que le stratagème consistait à me griller des deux côtés. Plus tard j’apprends que je ne suis plus appelé à m’expliquer sur des fautes de gestion de 18 milliards, mais sur des détournements des fonds de 193 milliards » tranche-t-il.  

Depuis le 07 Août dernier, il est mis en détention provisoire à la prison centrale de Kodengui où il rejoint d’anciens ministres et hauts commis de l’Etat, poursuivis pour les mêmes raisons.

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