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Cameroun- Société : Clair-Obscur sur les libertés et droits de l’homme

C’est un constat fait par les évêques du Cameroun, réunis le 10 Décembre 2019 à Yaoundé, dans le cadre de l’atelier de mutualisation et de renforcement des capacités autour des Droits de l’Homme au Cameroun.
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01/06/2020 - 16:55
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur en chef
Cameroun- Société : Clair-Obscur sur les libertés et droits de l’homme

Peu reluisante apparait la situation des droits de l’homme au Cameroun. Telle est la conclusion à laquelle sont arrivés les évêques le 10 Décembre 2019, dans le cadre de l’atelier de Mutualisation et de Renforcement des Capacités des membres du Réseau Justice & Paix de l’Eglise Catholique et des Organisations de la Société Civile Camerounaise, sur le Plaidoyer pour l’amélioration de l’état des lieux de la jouissance des droits de l’homme au Cameroun. Une rencontre ayant eu pour prétexte, la commémoration de la Journée Internationale des Droits de l’Homme - édition 2019. C’était du côté de Mvolyé à Yaoundé, au siège de la Conférence Episcopale Nationale.

Occasion donc pour les hommes de Dieu de passer en revue les questions sensibles qui font obstacles à la bonne marche des Droits de l’Homme, autour de trois temps forts qui ont ponctué les différents exposés à savoir :

1.   La situation des droits de l’Homme et des libertés publiques au Cameroun

2.   Le Code électoral en vigueur : quelle garantie pour une élection transparente et équitable au Cameroun ?

3.   Exploitation minière et forestière au Cameroun : quels droits et devoirs pour les communautés et populations riveraines ?

Des différents échanges qui ont ponctué la cérémonie, il en est ressorti un diagnostic sans complaisance des tares et autres manquements, qui continuent de tirer vers le bas le pays de Paul BIYA. Dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux, il y est clairement fait mention de ce qui suit : « certaines situations déplorables sont toujours manifestes à savoir la torture et  les traitements cruels inhumains et dégradants dans les lieux de détention ; la restriction des libertés de manifestations et des réunions publiques ; la récurrence des arrestations et les détentions arbitraires,  bref on note pour le regretter le respect mitigé des droits de l’homme et des libertés publiques. »

Pour ce qui est du cas spécifique des détentions, le même communiqué note « qu’en date du 30/11/2019 dans les 10 prisons centrales existantes au Cameroun, sur 16438 cas de détentions, 10943 personnes étaient prévenues et seulement 5495 jugées. »

S’agissant de l’organisation des élections aux Cameroun, il y est fait mention « Que depuis le retour du multipartisme au Cameroun, le vote d’un code électoral en 2012 et l’instauration des instances d’organisation et de gestions des élections à l’instar d’ELECAM et le Conseil Constitutionnel, les élections organisées sont toujours contestées du fait de leur caractère non transparents, injustes et non équitables ».

La gouvernance minière n’a pas échappé à ce scanner. Car, dans l’ensemble, les évêques relèvent « une non prise en compte des droits des populations et communautés riveraines qui en sont les victimes immédiates » 

La formulation des recommandations

Si le souci majeur pour ses évêques est de voir un Cameroun prospère en 2020, ils souhaiteraient que cela se passe dans les conditions de gouvernance plus justes et équitables. Aussi, se sont-ils donnés la peine de formuler en direction du gouvernement quelques recommandations, dont l’application à leurs yeux participeraient à améliorer considérablement la situation au Cameroun. Entre autres solutions proposées existent :

·  Le respect des délais d’examen des recours prescrits par la loi

·  Une réforme légale destinée à organiser des recours spécifiques contre les mesures abusives de suspension ou d’arrêt des réunions publiques

En ce qui concerne le point sur les conditions des détentions, ils proposent en effet :

·  La construction de nouvelles prisons qui tiennent compte des standards internationaux ;

·  La mise en œuvre effective des substituts réels à la peine d’emprisonnement ;

·  La fourniture régulière et permanente des médicaments de première nécessité et renforcer le plateau technique des dispensaires des prisons ;

·  L’initiation des campagnes de lutte contre les maladies telles que le paludisme, la tuberculose, le VIH-Sida etc.

Egalement évoquée au cours des travaux, la situation déplorable du Journaliste au Cameroun, gardien des libertés publiques et individuelles. A ce niveau, les participants ont égrainé le chapelet de mesures à prendre, relativement à L’organisation en urgence des Etats généraux de la Communication afin de :

·  Réexaminer la définition du statut du journaliste;

·  Mettre un terme à la tolérance administrative qui a plus apporté des problèmes;

·  Appliquer la Convention de Florence aux entreprises de Presse;

·  Attendre des patrons de presse, une amélioration des conditions de travail des journalistes en appliquant la Convention collective des journalistes et des professionnels des métiers connexes de la communication sociale.

Mandat a été donné au Service National Justice et de Paix(SNJP), présidé par Mgr Abraham BOUALLO KOME, Evêque du diocèse de Bafang, Administrateur apostolique du diocèse de Bafia, et par ailleurs Président de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun, d’assurer le suivi des recommandations et engagements pris au terme des dits travaux.

 

 

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