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Cameroun : Kamto fustige le centralisme

Dans une interview accordée au journal « Le Monde », le Président du MRC Maurice Kamto souligne qu’il faut voir comment réorganiser l’Etat.
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12/09/2019 - 11:35
lucien embom
Journaliste

Selon le Professeur Kamto, la réorganisation est nécessaire pour transférer le maximum de pouvoir aux entités régionales. Le pays souffre dramatiquement d’un trop grand centralisme. Un autre danger qui menace le Cameroun est la montée des tensions communautaires. Pour la forme, la majorité des Camerounais pense que le fédéralisme peut régler le problème du centralisme. En ce concerne la crise anglophone, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun estime qu’après trois ans de conflit, plus de 12.000 morts d’après ce que l’on dit, plus de 500.000 déplacés internes, 40.000 réfugiés et une économie qui n’existe plus. On ne peut plus s’en tenir aux solutions qui étaient valables auparavant.

De l’avis du candidat malheureux à la Présidentielle 2018, il faut prendre des mesures de décrispation pour reconstruire la confiance dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest. La première mesure à prendre est la libération sans condition de tous les prisonniers détenus dans le cadre de la crise anglophone. On nous a répondu parfois que ce sont des criminels. Mais cette crise, qui est politique, ne trouvera pas de solution par des voies judiciaires. D’autant que certains éléments de nos forces de défense et de sécurité ont pu commettre des crimes punissables. Les morts sont déjà morts, il faut désormais que d’autres morts ne viennent pas s’ajouter. Plus de 400 villages ont été détruits dans la zone anglophone.

Il faut laisser aux gens désigner leurs représentants et ensuite commencer à reconstruire les villages. Il faut négocier un cessez-le-feu pour que les sécessionnistes déposent leurs armes, retirer l’armée et le Bataillon d’intervention rapide et laisser la police et la gendarmerie assurer le maintien de l’ordre. Maurice Kamto souligne que l’Afrique en miniature connaît beaucoup de problèmes. Il n’y a pas que le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ou la crise post-électorale, il y a aussi la guerre terrible dans l’Extrême-Nord. Il faut une approche collective nationale de responsabilité pour résoudre ces crises. Kamto dit qu’il se sent toujours prisonnier parce que ses camarades sont encore en prison.

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