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Cameroun : Le système sanitaire face à l’opacité

L’engagement politique de haut niveau est insuffisant au regard du pourcentage de financement de l’Etat alloué au secteur de la santé.
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10/14/2019 - 14:40
lucien embom
Journaliste

La Déclaration d’Abuja préconise l’allocation d’une proportion de 15% du budget de l’Etat au secteur de la santé. Les outils actuels ne permettent pas de disposer de toute l’information sur les financements alloués à la santé au niveau des autres administrations œuvrant dans le secteur Toutefois, la proportion du budget national alloué au Ministère de la Santé oscillerait ces dernières années, autour de 8%.

L’existence de multiples régimes de financement de la santé témoigne de l’absence d’une approche intégrée et d’une coordination insuffisante dans la gestion des financements. En 2013, on a dénombré 28 systèmes de financement de la santé au Cameroun. De plus, les experts ont relevé un faible niveau d’information sur les financements déployés dans le secteur sanitaire au pays du Professeur Gottlieb Monekosso.

Les dispositifs de financement du privé, des administrations partenaires prestataires des soins et des services de santé, ainsi que des collectivités territoriales décentralisées n’ont pas contribué à prévenir le double emploi des ressources. Ceci n’a pas permis d’agir de façon cohérente pour gérer les besoins les plus cruciaux des populations cibles. La collecte des ressources et leur mise en commun ne sont pas suffisamment organisées dans le secteur.

Par conséquent, la faiblesse du dispositif de suivi/évaluation et les insuffisances relevées au niveau de la coordination des interventions ont eu pour conséquences, le double emploi des ressources et subséquemment le manque d’efficience constaté. En effet, la dépense moyenne par habitant était de 63 USD en 2012, mais les résultats obtenus étaient similaires à ceux des pays dépensant entre 10 et 14 USD. 

Dans le même ordre d’idées, on relève que la productivité financière des formations sanitaires n’est pas suffisamment suivie pour favoriser une utilisation optimale des financements publics.  Le système de santé n’assure pas encore une protection contre le risque maladie à toute la population. Seul 2% sont couverts par des mécanismes y afférents. Les paiements demeurent la principale modalité d’acquisition des soins.

De plus, la persistance de la corruption dans les services publics d’une manière générale reste une pesanteur qui rend difficile l’utilisation efficiente des ressources. Enfin, le manque d’équité observé dans l’accès aux soins est accentué, entre autres, par l’inefficacité de la mise en œuvre de la couverture santé universelle. L’extrême verticalisation des interventions ne permet pas d’éviter les doublons, de réaliser les économies d’échelle et par conséquent d’être efficient.

 

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