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Cameroun- Rentrée scolaire : Vent de timidité devant les étalages à Yaoundé.

A quelques semaines du début de la rentrée scolaire au Cameroun, ce n’est pas encore la grande affluence devant les différents étalages. Les parents évoquent les difficultés financières pour justifier ce climat morose d’avant rentrée scolaire.  
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08/20/2019 - 10:26
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Rentrée scolaire : Vent de timidité devant les étalages à Yaoundé.

Assis devant son comptoir au marché Etoudi à Yaoundé, la mine presque abattue et le regard vide, Bertrand D, est à l’attente d’éventuels clients qui n’arrivent qu’à compte-goutte. Sur sa table, des coudes scolaires, des imperméables et sacs scolaires, annoncent avec grande précision l’approche du début des classes. Depuis des semaines, il a pris grand de faire le plein de ses réserves dans l’espoir de trouver profit pendant cette période qui rythme de grands achats et une forte demande. Mais depuis ce matin, il attend toujours et rien ne se passe selon ses prévisions. « Les clients arrivent par petits groupes, demandent un ou deux articles et puis s’en vont. Parfois même dès que tu donnes le prix ils tournent le dos » explique-t-il. La situation est connue pour être ainsi depuis près de cinq ans déjà. Mais d’après les commerçants, cette année semble la plus difficile. « Contrairement aux années passées à cette période, on avait quand de l’affluence. Mais cette année tout est dur. Et c’est chacun qui crie. Tout le monde demande simplement t’attendre », relève un des collègues de Bertrand D.

Pas d’affluence donc pour l’instant devant les étalages et autres librairies de la cité capitale du Cameroun. Pas de bousculade non plus du côté des inscriptions, qu’il s’agisse de la maternelle, du primaire ou de secondaire, la situation parait identique. « Nous venons chaque matin pour recevoir les parents. Ceux qui viennent recherchent juste des informations sur les manuels, les cahiers et autres tenues des élèves. Très peu arrivent pour les inscriptions. » Explique à Cameroun online une responsable d’établissement public qui a requis l’anonymat à Yaoundé.

La situation par ailleurs diffère selon que l’on soit du public ou du privé. Les seconds usent généralement de tac et de méthode longtemps en avance pour plier les parents à cet exercice, si bien que rendu à cette période, presque tous ont versé au moins les frais d’inscriptions. C’est le cas du collège Jean Tabi à Yaoundé où les inscriptions se font pendant les vacances confirme un parent d’élève : « Mes enfants sont inscrits à Jean Tabi. Là-bas, on verse l’argent de l’inscription au moins bien avant, sinon votre enfant peut perdre sa place. Et ils utilisent les SMS et autres messages écrits pour nous informer. »

La logique du SMS utilisé par plusieurs établissements privés au Cameroun a fait ses preuves pendant et après l’école. « C’est une méthode intéressante qui permet au parent de suivre son enfant à distance pendant les classes. Et après, d’être en communication avec l’établissement pour d’éventuels formalités d’usage. Il y a certes beaucoup de pression, mais au moins le parent ne s’endort pas complètement pendant la période de vacance scolaire. »  Développe un autre parent d’élève.

Dans le cas des établissements relevant du public au Cameroun, la situation est toute autre. Les parents se pressent lentement, sans pression aucune, au point les responsables d’établissement, en cette période presque morte continuent de souffler en attendant les grands jours sans aucun souci. « Nous habitués déjà que c’est à la rentrée proprement dite que les parents se bousculent pour régulariser les situations de leurs enfants. Cela se passe parfois durant tout le premier trimestre. Donc on sait qu’ils viendront et nous sommes là pour les attendre. » Indique un responsable d’école primaire à Yaoundé.

Les parents de leur côté évoquent les questions financières pour justifier cette lenteur à la réaction avec chaque jour le niveau de vie qui baisse d’année en année. Hilaire TOUNA est de ceux-là. Avec six enfants à sa charge, ce père de 49 ans doit se plier en quatre pour inscrire sa progéniture à l’école. Cette année, ses charges s’alourdissent avec l’entrée en maternelle de la dernière-née de la famille Annie Audrey MEKONGO, âgée de trois ans. « Je suis sous pression généralement en cette période. Cette année c’est une charge de plus avec ma dernière fille qui doit entrer à l’école. Et il n’y a pas d’argent dehors.  Donc on se bat et je sais que je vais y arriver. » confie-t-il avec assurance.

C’est en effet le 02 Septembre 2019 que les élèves reprendront tous le chemin de l’école, pour le compte de l’année scolaire 2019-2020.

 

 

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