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Cameroun- Culture : Le gouvernement de la petite action sans efficacité aucune.

En prenant sur lui de répondre favorablement à l’appel d’aide des artistes Camerounaises rongées par la maladie, Mama NGUEA et Marthe ZAMBO, le gouvernement a certes dévoilé une partie de son côté humain, mais a trahi en réalité l’immensité de son inefficacité face aux problèmes structurels qui...
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08/19/2019 - 14:52
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
Cameroun- Culture : Le gouvernement de la petite action sans efficacité aucune.

L’éternel débat autour des artistes Camerounais, relativement à l’amélioration de leurs conditions de vie a refait surface au cours des jours écoulés, du fait de la très grave maladie annoncée pour deux grandes dames de la musique nationale, NGUEA LA ROUTE et Marthe ZAMBO, aujourd’hui diminuées financièrement.  Le cri de détresse à l’aide, lancé par les deux artistes en direction de la communauté nationale a suscité au sein de l’opinion diverses réactions qui se recrutent dans toutes les sphères sociétales. De façon globale, depuis des semaines, Deux thèses s’affrontent par médias et réseaux sociaux interposés. La première est portée par   une figure publique de la scène médiatique nationale, Jean Lambert NANG, qui n’approuve pas l’idée pour un artiste de demander de l’aide après une carrière musicale remplie de succès. Sur sa page Facebook, il a fait une sortie en ces termes «   Tu invites un artiste chanter tes deux chansons préférées à un anniversaire ; il te dit : "Pas moins d'un million ! Et vous payez mon billet d'avion et les frais d'hôtel de mes danseuses et moi-même ". Après tu le vois pleurnicher à la télé qu'il est malade et ne dispose d'aucun sou pour se faire soigner. Où sont donc passés tous les millions obtenus en 10 minutes chrono de prestation ? »

A l’opposé de cette thèse, une cohorte de fans et citoyens ordinaires pour qui, le désenchantement observé par les artistes Camerounais au crépuscule de leur carrière ou pendant les moments de souffrance, est la résultante d’une politique culturelle mal conçue et très peu efficace. « […] Dans un pays où ceux qui ont eu des succès n'ont rien touché comme droit d'auteur depuis des années. 
On parle quand même d'artistes dont les titres ont été les plus diffusés sur une longue période dans ce pays et en dehors. 
Et qui a dit que toucher 1 million de FCFA signifie ne jamais avoir de problème d'argent pour se soigner ?  Si on voit tous les jours des hommes d'affaires tout perdre du jour au lendemain, combien de fois des artistes. »
s’indigne Jocelyne Fotso, une internaute, en réaction aux propos de Jean Lambert NANG.

Entre ses deux thèses, difficile de trancher avec fermeté de quel côté se trouverait la raison. Tellement la force des mots et la profondeur des idées générées de part et d’autre convoquent à l’imaginaire populaire, de grands soupçons d’abandon d’un secteur ô combien riche de potentialités multiples, et pour lequel, le gouvernement ne semble pas avoir de pistes d’émancipation pérennes. « Notre gouvernement n’a aucune vision logique de développement du secteur culturel dans notre pays. Voilà pourquoi il ne comprend rien à l’art », explique un observateur culturel à Yaoundé.

 Le geste de ce Samedi 17 Août 2019 du Ministère des Arts et de la culture, en réponse au cri de détresse lancé par Mama NGUEA et Marthe ZAMBO en soi n’est pas mauvais. Il participe à développer le côté humanisant et la proximité que le gouvernement devrait avoir avec ses administrés.  Mais au-delà, il pose problème quant à la démultiplication des cas similaires d’interventions sur le long terme et de la disponibilité des ressources financières qui chaque jour se raréfient, dans un contexte où il existe des solutions pérennes, longtemps abandonnées par un gouvernement qui semble profiter depuis des décennies, de la peine et de la misère de ces artistes, en se présentant à chaque fois comme le bienfaiteur d’une situation qu’il a lui-même laissé se dégrader depuis belle lurette.

En agissant comme il a fait l’autre jour donc, il croit tirer les bons points pour se refaire une santé dans un contexte où son efficacité fait grandement défaut, le gouvernement en réalité a encore, une fois de plus, donné l’occasion au monde entier de mesurer son grand niveau de fatigue autour des questions structurelles qui peuvent générées sur le long terme, quiétude, sérénité et même longue vie à ses populations.

 Les cas Mama NGUE et  Marthe ZAMBO ne sont pas isolés. Bien avant, beaucoup de figures de l’histoire du pays sont parties ainsi dans la misère totale et l’anonymat impardonnable. Jean Miché KANKAN, MESSI Martin, Sala BEKONO et tous les autres dont le génie même mort continue de faire rehausser l’image du pays.

 

 

 

 

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