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Cameroun- Energie électrique : L’espoir perdu de la Société Nationale de Transport d’Electricité

La Société Nationale de Transport d’Electricité (SONATREL) est sans voix près de cinq ans après sa création par le Président de la République le 08 Octobre 2015. Aucune action réelle jusqu’ici n’est à noter, le secteur de transport de l’énergie électrique continue de mal se porter au Cameroun.
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08/16/2019 - 14:57
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
 Cameroun- Energie électrique : L’espoir perdu de la Société Nationale de Transport d’Electricité

Grande étaient les ambitions de Paul BIYA, lorsqu’il créa le 08 Octobre 2015, la Société Nationale de Transport d’Electricité (SONATREL), avec pour objectif de porter en échos favorables les actions de son gouvernement dans le secteur énergétique. Près de cinq ans plus tard, personne n’arrive jusque-là à identifier une action se rapportant à son efficacité sur le champ perdu de la distribution en énergie électrique au Cameroun. Aucun dynamisme n’est perceptible, rien qui aille dans le sens du respect de son cahier de charges n’est visible, la structure semble être morte avant d’avoir vécue. « On ne sait même pas à quoi sert le machin qu’on appelle SONATREL. On entend parler pour voter le budget et après rien. Pourtant, sur le terrain il y a beaucoup de problèmes à résoudre. Mais on ne les voit pas », s’indigne Romuald BEKIM, résident à Yaoundé.

 Beaucoup d’espoirs avaient pourtant été placés en direction de cette société, lors de son avènement en 2015, par ENEO Cameroun, en termes notamment de prise réelle du secteur de transport de l’énergie électrique, marqué par un vieillissement de l’outil utilisable, qui nécessite une profonde réfection. Au cours de la journée du poteau bois organisée le 18 Juillet 2016 à Douala, le Directeur Général de ENEO Cameroun disait la chose suivante : « Nous fondons beaucoup d’espoirs sur la SONATREL qui est en charge d’un secteur important de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun à savoir le transport. Nous croyons que très bientôt, elle se joindra à nous pour consolider nos efforts afin de donner aux Camerounais, la qualité du service qu’ils méritent. »

Vœux pieux. Sans lendemain aucun. Puisque près de cinq ans plus tard, rien de tout cela n’a été fait. La SONATREL continue de se presser lentement pour s’installer. Pendant ce temps, à l’autre bout de la chaine, la situation tous les jours qui passent s’aggravent considérablement, avec une recrudescence des délestages intervenus depuis le début de la saison sèche au Cameroun.  Personne ne sait donc rien des activités de cette société, ni celles à venir, encore moins celles passées. C’est le cas par exemple de ce projet qui concernait la remise à niveau du réseau de transport au Cameroun, pour la période 2017-2022, financé par la Banque Mondiale à hauteur de 190 Milliards de FCFA, et piloté en principe par la SONATREL, dont tout le monde ignore tout ou presque de son implémentation réelle sur le terrain, alors que le pays avait 120 jours pour démarrer le chantier.

La SONATREL donc, perdue dans les méandres d’une gouvernance sans objectif apparent, n’a pas fini d’écrire la page triste de son inutilité apparente, sans impact réel passé ou à venir sur le destin des Camerounais, qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Personne ne pouvant dire à quel horizon le chantier de la distribution connaitra un développement à la pleine mesure des attentes que formule le peuple tout entier. Dans cette sphère d’incertitudes, pas si sûr que le pays connaisse dans un délai proche, un meilleur sort sur la question de l’offre en énergie électrique. De quoi atténuer de beaucoup les ambitions de modernité prévues en 2035, auxquelles Paul BIYA lui-même n’y croit plus : « A ce rythme, pas si sûr que le pays atteigne ses objectifs d’émergence fixés en 2035 » avait-il déclaré le 31 Décembre 2013, lors de son traditionnel message à la nation.

 

 

 

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