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Cameroun- Can 2021 : La grogne qui vient du stade en construction d’Olembé.

Les employés en service sur le site du stade en construction d4olmebé, devant abriter la Can 2021, ont observé le 13 Août dernier, un mouvement d’humeur, relativement aux impayés de salaire qu’il enregistre depuis six mois déjà. Le Directeur du projet et 04 autres personnes ont été pris en otage...
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08/14/2019 - 13:46
Christian-ESSIMI
Christian ESSIMI
Rédacteur web
  Cameroun- Can 2021 : La grogne qui vient du stade en construction d’Olembé.

Vives tensions enregistrées le 13 Aout 2019 du côté du chantier d’Olembé à Yaoundé, annoncé pour abriter la Can 2021. Prise en otage du Directeur du projet, activités en arrêt, telle aura été l’ambiance vécue de ce côté pendant de longues heures, jusqu’à ce qu’une accalmie apparente soit retrouvée aux alentours de 23 heures, à la suite d’une forte intervention des forces de maintien de l’ordre, qui ont réussi à faire libérer le Directeur du projet coincé dans son bureau. A la base de cette contestation qui est loin d’être la première du genre, la réclamation par les 800 employés que compte la société PICCINI, chargée de l’exécution de ce contrat, le versement de leurs impayés de salaires, correspondant à pratiquement six mois de cumul. « Nous voulons seulement que les Italiens qui nous ont engagés payent nos salaires. Si nous sommes descendus aujourd’hui c’est parce que c’est trop. Beaucoup de promesses non tenues, qui à la fin nous ridiculisent. Nous avons des familles et voilà les rentrées scolaires qui sont là. On va faire comment ? » ainsi s’indigne Paul Alfred ONOMO, employé dans ce chantier.

Beaucoup avait pourtant cru voir quelques lueurs d’espoir au cours des semaines écoulées, après plus de trois mois d’arrêt de travaux pour tensions de trésorerie. Le gouvernement par des mécanismes officiels annonçait alors la mise à disposition d’importants sommes d’argent pour solutionner le problème et permettre la reprise des travaux. A la manette, le Premier Ministre et son Ministre des Finances. Un calendrier de payement de créances avait même été dressé et indiqué aux intéressés par voie de communiqué, par les soins de Louis Paul Motazé Ministre des Finances.  Dans la foulée, au sein de l’entreprise, une évaluation totale de la dette salariale a été faite, les calculs bouclés et les bulletins des états distribués aux employés. Plusieurs semaines après, toujours rien au sujet des payements des dits droits.  Aucune échéance, ni horizon n’étant formellement identifiés, c’est l’incertitude totale. Le risque étant grand pour les employés de ne devoir percevoir leur dû. « Ils nous ont distribué les bulletins des états et ont promis verser de l’argent dans les brefs délais. Sauf que depuis nous attendons et toujours rien n’arrive. Pire, il nous revient que grâce aux bulletins des états distribués, la direction du projet est allée justifier auprès du gouvernement le payement de nos salaires que nous n’avons jamais perçu. » s’offusque Thierry KAMDEM un autre employé de cette entreprise.

Les situations décrites plus haut les employés en colère de la société PICCINI ne sont pas à leur première expérimentation sur le site de ce chantier, depuis le lancement des travaux de construction du stade d’Olembé. L’actuel Gouverneur de la région du centre est mainte fois descendu sur le site pour tenter d’apporter accalmie, comme ce fut le cas le 12 Juin 2018, mais à chaque fois, aucune solution pérenne n’a été formulée. Conséquence, tout a basculé au sein de l’entreprise, avec des licenciements abusifs, le climat de travail délétère et toute sorte d’abus qui ont fini par installer la crispation et la frustration au sein des effectifs. La rencontre prévue pour se tenir le 16 Août 2019 relativement à l’examen de ce problème s’avère donc capitale pour désamorcer cette bombe.

Le chantier de construction du stade d’Olembé présente actuellement un visage de l’incertain. Avec une reprise nonchalante du travail, un personnel démotivé et sans salaire, des employés abusés et sans défenses, des tensions et crises multiples, pas si sûr qu’à date, c’est-à-dire à la fin de cette année, ce chantier soit livré à la pleine mesure des attentes. Ce qui, d’ores et déjà peut rendre inquiet la majorité sur l’effectivité de la tenue de cette Can pour 2021.

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