Sports
Pékin 2008 - Les Dieux du stade

Dans 20 ans, à l'évocation des Jeux Olympiques de Pékin, c'est d'eux dont on reparlera. Ils furent les grandes stars de la quinzaine chinoise. Au premier rang de cette galerie des dieux de l'Olympe figurent évidemment le nageur américain Michael Phelps et le sprinter jamaicain Usain Bolt.
Eurosport / Lundi 25 Août
. MICHAEL PHELPS (Etats-Unis, Natation)
Invincible. En Chine, Michael Phelps a fait de son rêve un objectif. Celui de faire mieux que Mark Spitz, septuple champion olympique en 1972 à Munich. Le défi a été relevé, même si sa vie pékinoise n'a pas été un long fleuve tranquille. Autour de son cou, se sont enroulées plus ou moins difficilement huit médailles d'or, celles du 400m 4 nages, du 4x100m, du 400m, du 200m papillon, du 4x200m, du 200m 4 nages, du 100m papillon et pour finir du 4x100m 4 nages. Au-dessus du lot, le Kid de Baltimore, qui a battu sept records du monde dans le bassin du Water Cube, a profité d'un programme idéal pour sa quête de breloques. A coup sûr, l'une des deux plus grandes stars de ces JO, avec le Jamaïcain Usain Bolt.
. USAIN BOLT (Jamaique, Athlétisme)
Le tonnerre a frappé le Nid d'Oiseau. A trois reprises. Avec les titres olympiques du 100m, 200m et du relais 4x100m, Usain Bolt a marqué de son empreinte cette XXIXe Olympiade. Le géant jamaïcain (1,96m) a agrémenté ces trois médailles d'or de trois records du monde. Sur la ligne droite, "Lightning Bolt" a effacé la distance en 9"69, en relâchant à 15m de l'arrivée. Sur le demi-tour de piste (19"30), il s'est offert le luxe d'effacer les mythiques 19"32 de Michael Johnson, une marque vieille de douze ans et les Jeux d'Atlanta. Enfin, avec Nesta Carter, Michael Frater et Asafa Powell, Usain Bolt a signé un nouveau record du monde du 4x100m en 37"10, soit trois dixièmes de moins que les 37"40 américains.
. CHRIS HOY (Grande-Bretagne, Cyclisme)
Un monstre. Engagé dans trois épreuves, Chris Hoy a fait le plein en obtenant trois médailles d'or en vitesse individuelle, vitesse par équipes et sur le keirin. Au-delà du résultat, la manière a encore plus impressionné, tant le colosse d'Edimbourg a surclassé la concurrence. Déjà sacré champion du monde vitesse au printemps, Hoy vit une saison 2008 exceptionnelle, à l'image de la piste britannique, injouable à Pékin. Après avoir trusté les titres sur le kilomètre (quatre couronnes mondiales et une médaille d'or olympique à Athènes), Chris Hoy présente à 32 ans un des plus beaux palmarès de l'histoire. Mais son cas fait débat et la suspicion ne l'épargne pas. "C'est un peu un extra-terrestre. Je n'ai jamais vu un coureur marcher comme ça", note Benoît Vétu, l'entraineur des Français, désemparé comme tous les concurrents de l'armada british.
. RAFAEL NADAL (Espagne, Tennis)
Rien ne lui échappe. Après un quatrième sacre à Roland-Garros en juin et un premier titre historique début juillet à Wimbledon sur les terres de Roger Federer, Rafael Nadal a poursuivi son fabuleux été à Pékin, où il a été accueilli comme une star. A 22 ans, l'Espagnol est bien le nouveau patron du tennis mondial. Après une entame poussive face à Potito Starace, qui lui a pris un set, Nadal n'a été accroché que par Novak Djokovic en demi-finales. Mais rien ne pouvait l'arrêter dans sa ruée vers l'or. Grandissime favori au vu de son passé récent, Rafa a assumé, comme toujours. Le lendemain de son sacre, le Majorquin s'est installé officiellement au sommet de la hiérarchie mondiale. Quoi de mieux qu'un titre olympique pour célébrer ce couronnement?
. STEPHANIE RICE (Austalie, Natation)
On attendait Katie Hoff, mais c'est bien Stephanie Rice qui a été la nageuse la plus en vue à Pékin. La native de Brisbane a rendu une copie parfaite dans le Cube d'Eau. A son palmarès international, qui ne comptait que deux médailles de bronze avant Pékin (200 et 400m 4 nages aux Mondiaux de Melbourne), la belle Australienne a rajouté ses trois premiers titres olympiques. Sacrée sur le 200m 4 nages, sur le 400m 4 nages, et enfin sur le relais 4x200m nage libre, Rice s'est offert trois médailles d'or, auxquelles elle a ajouté à chaque fois un record du monde. Le plus marquant fut sans doute celui du 400m 4 nages. En nageant en 4'29"45, elle est devenue la première nageuse à descendre sous les 4'30"00. La sirène de ces Jeux...
. KOBE BRYANT (Etats-Unis, Basket)
Dans toutes les travées de Pékin, Kobe Bryant avait droit à son bain de foule. Plus populaire encore que Yao Ming, la star des Lakers n'a pas été épargnée par la pression. Mais il a eu un comportement exemplaire. Ne ratant jamais l'occasion de participer à la grande fête olympique en allant par exemple voir Phelps décrocher sa 8e médaille d'or. Et sur le parquet, le MVP de la saison régulière a été le leader attendu pour réussir l'opération rédemption mise en place par les Etats-Unis. Avec 15 points, 2.8 rebonds et 2.1 passes de moyenne, l'arrière angelino a été l'un des grands artisans du retour au sommet de la Team USA et a su revêtir son costume de tueur dans les moments chauds de la finale. Un tournoi de grande classe... Bien loin de son image de shooteur compulsif et individualiste d'il y a quelques saisons...
. NASTIA LIUKIN (Etats-Unis, Gymnastique)
Elle devait évoluer dans l'ombre de la prodige américaine Shawn Johnson, mais Nastia Liukin a finalement pris la lumière à sa place. Il faut dire que la Russe de naissance avait une destinée olympique toute tracée. Fille de l'ancien gymnaste Valery Liukin, quadruple médaillé à Séoul, et d'Anna Kotchneva, championne de GRS, Nastia a apporté de la fraîcheur et une touche artistique dans une discipline où la puissance physique prend peu à peu le dessus. Pour sa première participation, la longiligne Américaine de 18 ans (1,60m pour 45 kg) repart avec cinq médailles (1 en or, 3 en argent, 1 en bronze) dans sa besace dont la plus prestigieuse en individuel, effaçant ainsi l'affront paternel, vice-champion olympique en 1988. Liukin est même passée tout près du titre aux barres asymétriques, départagée à la note d'exécution avec la Chinoise Kexin He.
. KENENISA BEKELE ET TIRUNESH DIBABA (Ethiopie, Athlétisme)
Le fond et la forme. Kenenisa Bekele et Tirunesh Dibaba ont poussé le mimétisme à l'extrême. Les deux Ethiopiens sont doubles champions olympiques sur 5 000m et sur 10 000m. C'est ce qui s'appelle dominer son sujet. Mieux, survoler les débats en reléguant la concurrence aux accessits. Bekele a donc réussi là où le maître Haile Gebreselassie avait échoué et devient le cinquième homme à réussir pareil performance, le premier depuis l'Ethiopien Miruts Yifter en 1980. Dibaba est venue à bout de sa compatriote Meseret Defar pour devenir la première femme à réaliser ce doublé historique. Deux titres pour deux poids plumes devenus déjà des légendes de leur sport. A eux deux, ils ont porté l'Ethiopie à bout de bras au 18e rang du tableau des médailles. Grâce à sa reine et à son roi, l'Ethiopie est au fond ce que la Jamaïque est au sprint.
. ET AUSSI...
Elena Isinbaeva (Russie, Athlétisme): Titrée à Athènes, la Russe a facilement conservé son titre. Dans un Stade Olympique acquis à sa cause, la tsarine de 26 ans a porté son record du monde à 5,05m.
Alain Bernard (France, Natation): Très attendu, il a répondu présent en remportant le titre suprême sur 100m nage libre. Avec l'argent du relais 4x100 et le bronze du 50m, sa panoplie est complète. Bienvenue chez les géants.
Zhu Kai (Chine, Gymnastique): Trois titres (fixe, sol, équipes) pour l'un des artisans de la domination chinoise en gymnastique qui égale son mythique compatriote Li Ning à Los Angeles.
Thierry Omeyer (France, Handball): Le meilleur gardien du monde dans la meilleure équipe du monde. Le portier de Kiel, indispensable aux Bleus, a notamment sorti une finale d'anthologie.
Valentina Vezzali (Italie, Escrime): La reine du fleuret a soigné sa légende en arrachant un 4e titre olympique de rang, sa 4e médaille en individuel. Elle a ajouté le bronze dans l'épreuve par équipes.
Kosuke Kitajima (Japon, Natation): Double champion olympique à Athènes il y a quatre ans, le Japonais a récidivé à Pékin avec un nouveau doublé 100m et 200m brasse.
Natalie Coughlin: Déjà auréolée de cinq médailles à Athènes, la nageuse américaine a ajouté six autres médailles à son palmarès. Tous sports confondus, seul Phelps a fait mieux. La reine du dos a rayonné à Pékin.
Fabian Cancellara: Bilan quasi-parfait pour le Suisse. Seul représentant de son pays dans la course en ligne, il est allé chercher le bronze avant de dominer logiquement le chrono.
Bradley Wiggins: Dans l'ombre du monstre Chris Hoy, le rouleur britannique y est allé de ses deux titres, en poursuite individuelle et par équipes. Seul bémol, l'Américaine, où, associé à Cavendish, il est passé à côté.
Lionel Messi: Il est venu, a vu et a vaincu. Tête d'affiche d'une équipe d'Argentine redoutable, le Barcelonais a été au niveau escompté. Grâce à lui, la sélection albiceleste a conversé son titre.
Michal Martikan: Devancé par Tony Estanguet lors des deux dernières olympiades, le Slovaque est redevenu champion olympique de C1 douze après son sacre lors des Jeux d'Atlanta à 17ans.
Lisa Leslie: Son absence au Mondial 2006 s'était fait cruellement ressentir. Sans elle, les Etats-Unis avaient chuté. De retour en sélection, elle a "reboosté" toute l'équipe pour devenir quadruple championne olympique, un record.
Zhang Yining: Double médaillée d'or à Athènes il y a quatre ans, Zhang Yining n'a déçu son public. La numéro un mondiale a récidivé avec deux nouveaux titres en simple et par équipe.
LA REDACTION / Eurosport
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