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CINEMA: une "Merveille" aux doigts de fée!

Jeune, belle, talentueuse, autodicdacte... ces quelques mots ne suffiraient pas à faire le portrait de cette dame aux multiples casquettes. Oui, Merveille AKAMBA (puisqu'il s'agit d'elle), est à la fois Artiste, Cinéaste, Comédienne et Maquilleuse SFX. Avec pour arme un pinceau, Merveille Akamba...
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03/02/2017 - 20:20
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Christine MBENGONO
rédactrice Cameroun-online

Cameroun Online : Bonjour Merveille AKAMBA et merci d’accorder cette interview au média digital « Cameroun-online ».

Merveille AKAMBA : Je suis aux anges moi ! C’est moi qui vous remercie !

COL : Parlez-nous de vous en trois (03) phrases.

MA : Je m’appelle MERVEILLE AKAMBA, Maquilleuse de cinéma et Comédienne de Nationalité Camerounaise, née à Nkol-Ekong, dans le département du Dja et Lobo, Région du Sud Cameroun, ou est originaire ma mère. J’ai grandi à GAROUA, dans la région du nord Cameroun, ville d’origine de mon père. Je vis actuellement à Yaoundé, ville où je vis avec ma petite famille et ou je travaille.

COL : D’où vous est venue l’idée de faire Du Make-up ? Est-ce un rêve d’enfant qui se réalise ?

MA : (Rire). Dans mes rêves les plus fous, je n’ai pas imaginé être Maquilleuse et je ne savais même pas qu’on pouvait en faire une carrière ! J’ai suivi une formation dans un institut réputé de la place, dans la filière : Esthétique, Cosmétique et Parfumerie. Deux ans plus tard, je suis sortie major de ma promotion. Sollicitée dans des plateaux comme comédienne, j’ai remarqué un manque criard de maquilleurs sur les plateaux de tournage ; alors je me maquillais parfois moi-même, ce qui ne laissait pas certains réalisateurs indifférents. Très souvent sous le charme, ils me confient alors le maquillage dans quelques plateaux. Très vite ce talent de maquilleuse se révèle et prend petit à petit le dessus sur mon talent d’actrice.  Je me rends donc compte que le maquillage cinématographique est tout un art à part entière ; mais, mes connaissances en esthétiques étant donc désormais insuffisantes, je me retrouve face à la nécessite de me former. Malheureusement, Il n’existe pas D’école de maquillage cinématographique au Cameroun, je n’ai pas non plus les moyens financiers pour aller me former ailleurs ; Commence alors le périple d’une maquilleuse passionnée « Autodidacte » qui multiplie les recherches sur le net pour essayer de combler ses lacunes.

 

 

 

 

 

COL : Une belle preuve de persévérance et d’endurance ! Quelles difficultés/avantages y’a-t-il à faire ce que vous faites, surtout dans un pays comme le Cameroun ou ce concept n’est pas encore compris par tout le monde ?

MA : Difficultés : le métier de maquilleuse est un métier pris à la légère et méconnu par les réalisateurs, les producteurs, scénaristes et même par le public Camerounais, alors très souvent sur les plateaux de tournage, il n’y en a pas et c’est chacun qui se bat pour se poudrer le nez. Vous comprenez donc que se faire payer en tant que maquilleuse de cinéma devient le nerf de la guerre car on peut vous larguer à tout moment et se contenter des « poudreurs » et « poudreuses » ; il faut donc à chaque fois réussir à convaincre sur son travail avec des arguments forts.

Avantages : c’est la satisfaction personnelle d’avoir fait d’un comédien un tableau sur lequel je peux m’exprimer en tant qu’artiste. Je me délecte toujours quand je dois maquiller un acteur surtout quand c’est du maquillage à effets… c’est un moment extrême, je me libère, je me lâche et ensuite j’admire moi-même le résultat comme on admirerait un tableau dans un musée (rire).

COL : D’où tirez-vous votre source d’inspiration ?

MA : De mon vécu personnel plein de rebondissements… c’est vrai mais en plus je suis très inspirée naturellement et comme si cela ne suffisait pas je ne me fais pas prier pour chercher à comprendre ce que je ne comprends pas, donc la recherche est un point essentiel de mon inspiration.

COL : D’aucuns disent que vous faites de la « magie », d’autres pensent même à la « chirurgie reconstructive » ; et, à ce propos, vous avez dû faire face à des quiproquos. Racontez-nous un peu l’histoire…

MA : Magie ? ah oui peut être ! je fais de l’Art et l’Art en soi-même est magique ! D’ailleurs quand j’écoute une chanson qui me transporte de manière particulière, je me dis bien que l’auteur doit être un magicien pour faire un son aussi beau, si les gens ont le même sentiment en ce qui me concerne, alors je ne peux qu’en être fière et ravie de compter parmi les magiciens du maquillage au Cameroun et en Afrique !

Oui il y en a qui contre toute attente m’ont appelé pour me demander de l’aide ; d’abord une dame après avoir suivi une série d’émissions télévisées en direct et JT sur moi, elle est partie de Bertoua pour me rencontrer à Douala et enfin à Yaoundé. Elle espérait que je lui fasse une prothèse de doigt vu qu’elle l’avait perdu des suites d’une maladie, j’en ai parlé d’ailleurs sur Facebook avec sa photo tellement j’étais sous le choc ; Puis un monsieur qui est apparemment défiguré (je ne l’ai pas vu lui) il m’a joint au téléphone et voulait que je l’aide à reconstruire ou que je lui vende des produits pour réparer son visage abimé par un accident ; Une dame qui m’a aussi envoyé une vidéo d’elle chantant les louanges du seigneur parce que pour elle, j’étais le « sauveur des invalides envoyé par Dieu lui-même » … et j’en passe, j’ai néanmoins reçu en tout plus de six appels pour des cas similaires ! C’est à la fois impressionnant et troublant de vivre une chose pareille, jusqu’ici moi-même je n’en reviens pas toujours de l’effet que mon travail peut avoir sur les gens, je suis juste impressionnée autant qu’eux ; mais ça prouve en même temps que je suis sur la bonne voie et je dis merci.

COL : Avez-vous, tout au long de votre carrière rencontré des jeunes qui aimeraient faire ce métier plus tard ? Que leur dites-vous ?

MA : Ils sont tellement nombreux qui ne cessent de me contacter chaque jour « inbox » ou par mon téléphone, j’en reviens toujours pas, d’ailleurs j’en ai formé quelques-uns lors du Festival à effets spéciaux qui a eu lieu à Yaoundé dernièrement et je compte multiplier des ateliers pour satisfaire la demande des jeunes qui devient de plus en plus intense… je suis en train de mettre sur pieds une école de maquillage cinéma avec l’aide du gouvernement camerounais.

COL : Parlez-nous de quelques-unes de vos plus belles expériences professionnelles…

MA : J’étais à Foumban et les autochtones de la localité se déguisaient en monstres comme le veut la tradition pendant le Festival Gouen. Invitée par un jeune cinéaste de la région, je devais maquiller un monstre qui devait se fondre dans la masse avec les autres monstres du festival mais en jouant le rôle pour lequel il était choisi. A ma grande surprise mon monstre attirait l’attention de tout le monde. Même les Journalistes prenaient la fuite, la Police était comme pétrifiée, stupéfaite ! Voir la réaction des gens qui fuyaient ou criaient à son passage m’a fait un réel plaisir je venais de réussir mon pari ; créer mon premier monstre !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COL : Où avez-vous fait vos études ?

MA : Au Cameroun bien sûr ; mais aussi à travers internet. Par correspondance, j’ai deux professeurs qui me suivent et puis j’ai de l’imagination fertile … mes études je les complète aussi dans ma tête (rire) et parfois jusqu’à ce que je prenne le pinceauen main, je n’ai pas toujours la moindre idée de ce que je veux réellement faire et à un moment j’ai l’impression de plus avoir la maitrise de mon pinceau !

COL : Aujourd’hui l’on constate que les jeunes apprennent et retiennent facilement les choses à travers le sport (notamment le football pour le Cameroun), la Musique et l’Art En général. En gros, vous êtes des leaders et même des idoles pour certains jeunes. Alors dites-nous, avez-vous un message à diffuser à travers vos œuvres ? si oui lequel ?

MA : Je vais citer Martin Luther King qui a dit « Quel que soit ce que tu fais, fait le tellement bien afin que nul n’en n’ignore… »

Je veux dire à mes jeunes frères et sœurs que le maquillage est un métier mal connu en Afrique et particulièrement au Cameroun. On parle des maquilleurs SFX, de la maquilleuse, mais on ne sait pas clairement quels sont leurs points communs et leurs différences. On ne connaît pas suffisamment bien les maquilleurs : s'ils sont cités discrètement et rapidement au générique, ils ne sont pas reconnus en Afrique par les Yenenga ou les écrans noirs et autres Prix du genre. De plus, aucune école de cinéma ou du tas n’enseigne aux futurs réalisateurs ou directeurs de production les véritables ressources que pourrait leur offrir le maquillage, ni comment travailler avec les maquilleurs, encore moins à réserver au maquillage une place budgétaire suffisante. Or, le maquillage est une discipline créative à part entière du cinéma, et peut contribuer largement au succès d'un film.

Je précise tout de suite qu’un maquilleur de cinéma n’est pas une esthéticienne, et inversement, malgré une fâcheuse confusion. Or, il y a autant de rapport entre une esthéticienne et un maquilleur de cinéma qu’entre un cardiologue et un dentiste, et ce n'est méprisant pour personne : il y a certains points communs (maquillage de beauté, par exemple) mais aucune esthéticienne ne fera normalement dans son institut un vieillissement, une blessure ou une barbe, alors qu’elle y vendra des produits cosmétiques et des soins, ce que le maquilleur ne fera pas. De plus, un maquilleur compétent pourra travailler pour le cinéma, long ou court métrage, la télévision, le théâtre, la publicité, la photo, etc… Je m’arrête là pour l’instant !

 

 

 

 

 

 

COL : C’est quoi « Les Merveilles d’Akamba » ?

MA : C’est ma marque de fabrique... Non je rigole ! c’est le nom de ma page professionnelle Facebook ; tout simplement tiré de mon nom Merveille AKAMBA. C’est un ami qui m’a appelé comme ça une fois, avec une telle profondeur ! Après avoir eu une peur bleu à la vue d’une de mes réalisations et j’ai décidé de le garder ; c’est beau n’est-ce pas !? J’ai aussi une page personnelle... Merveille Akamba (cinéma) comme mon nom !

COL : Un mot sur les récents événements de Bamenda ?

MA : Nous sommes tous les enfants d’un même pays et nous ne pouvons qu’être solidaires des problèmes que nos frères ont de ce côté du pays, car entre frère on reste unis on ne se trahit pas les uns les autres, alors je suis de tout cœur avec mes frères, j’approuve leurs revendications qui sont d’ailleurs les mêmes que les nôtres ici, mais aucune revendication faite dans la discorde ne nous sera avantageuse, je reste convaincu que unis on est plus fort !

COL : Questions un peu plus personnelles ; êtes-vous mariée ? Des enfants ?

MA : (Silence) Hummmm! Je suis mère de trois jolis garçons ;  Brandon, Yann et Stahël. C’est eux ma force, c’est eux ma faiblesse !

COL : Quel est votre plat préféré ? votre couleur préférée ?

MA : Hahahahah !!!  Le Kpwem sans sel, un vrai délice !

En colorimétrie, le choix est difficile, toutes les couleurs sont mes préférées, car je travaille avec elles au quotidien. Il m’est difficile de faire un choix, en plus je n’y ai même jamais pensé. C’est bizarre !!!

COL : Quelle est, selon-vous, la chose la plus folle que vous ayez faite ?

MA : (rire) Ok, A mes 15 ans j’ai fait Garoua-Maroua à pieds, pour retrouver ma mère qui était en stage à Maroua. Elle me manquait énormément. Mais je n’y suis jamais parvenue parce que je me suis arrêtée à Figil, ma mère a flippé grave… car j’ai échappé aux coupeurs de route.

COL : Parlez-nous de vos projets professionnels.

MA : Je suis en train d’ouvrir un centre de formation en maquillage cinéma et une agence de maquillage qui seront bientôt opérationnelles…

COL : Avant cette interview, aviez-vous déjà visité le site « Cameroun on line ? »

MA : Je ne vais pas vous mentir mais non, je n’avais pas entendu parler avant, il faut dire que je suis un peu old school dans ma tête hein, pas trop fan d’internet sauf s’il s’agit de mon boulot et là aussi ce n’est pas évident, mais soyez-en sûrs  j’y vais de ce pas !

COL : Que pensez-vous de cette initiative ?

MA : « Je vous donne les mains » comme on dit dans notre jargon, pour dire vous êtes trop forts, je tâcherai de visiter votre page très régulièrement maintenant c’est promis !

COL : Merci ! Il y’a tellement de questions à vous poser encore mais… pour finir, dites-nous quelle est votre devise...

MA : « Argent en main, …………………………….» HAHAHAH… vous pouvez finir la phrase. Non sérieux, ma devise c’est : travailler, apporter un nouveau visage au Cinéma Camerounais, et surtout y croire et y croire !

 

 

 

 

MA : Vous m’avez demandé de vous suggérer une question si j’en avais. Hé bien j’en ai une ; quels sont mes peurs ?

C’est de voir les autres maquilleurs et maquilleuses d’Afrique et particulièrement du Cameroun se dresser les uns contre les autres un de ces quatre, je souhaite que nous formions une élite, d’ailleurs j’ai mis sur pied l’Association des Maquilleurs Professionnel du Cinéma, en abrégé (ASMACC) ;

J’aimerai que nous nous tenions la main et que nous puissions donner une réelle impulsion au cinéma Camerounais et Africain à travers notre Art et c’est en bloc qu’on le fera jamais en se déchirant, donc j’en appelle aux maquilleurs de cinéma du Cameroun et d’Afrique, soyons uniques et ne versons pas dans l’aigreur ;

Quant à moi j’ai un énorme respect pour vous tous car chacun a son style et nul ne peut remplacer l’autre on a tous et toutes de la place à se faire ici.

COL : Quelle est votre citation préférée ?

MA : J’adore cette question ; ma citation préférée c’est « CET ART DE SENSATIONS FORTES QUI DEMONTRE A SA FAÇON, LES EXACTIONS DE CE MONDE, TOUT EN LES MINIMISANT PAR UN SUBTIL COUP DE PINCEAU. »

Et elle est de qui ? De Merveille AKAMBA hahahahahahaahahaha je peux voir vos têtes d’ici mais je vous comprends moi-même parfois j’en reviens pas que j’ai pu imaginer une citation pareille ; je m’étonne ! Mais cette citation je l’ai rêvée alors j’ai compris qu’elle me venait de DIEU et surtout que la veille j’avais lu une citation de la Présidente du Liberia (…) (rire).

Interview réalisée par Christine MBENGONO

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