Vendredi 21 Novembre 2008

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Université : Heurs et malheurs de l’Addec

Un vent de division souffle sur l’association estudiantine, déjà confrontée à une faible adhésion.

Le Jour / Lundi 25 Août

Depuis l’assemblée élective de l’Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec) le 14 août dernier, cette association estudiantine est chapeautée par deux bureaux parallèles qui revendiquent chacun la paternité de ladite association.

Au siège de l’Addec situé en face de la cité universitaire, l’heure n’est pas à la sérénité. La porte fermée, donne l’impression que les animateurs de l’association sont absents. Après quelques formalités d’usage, les reporters sont reçus. « Nous sommes en situation permanente d’insécurité d’où les précautions prises pour filtrer les personnes qui viennent au siège », explique l’un des membres présents.

Alain Blaise Ngono, le président d‘une faction de l’Addec, est amer vis-à-vis de la partie adverse. « Nos adversaires, avant la convention, ont emporté le drapeau de l’association et une forte somme d’argent. En plus, ils viennent ici au siège avec des armes blanches, comme ils l’ont fait le jour de l’élection. Une plainte est actuellement à la brigade d’Efoulan contre cette faction. Ils sont à la solde du Minesup et des autorités universitaires» accuse-t-il. Gabriel Keugni Ngomsi, le président de l’autre faction de l’Addec, rencontré à l’Université de Yaoundé 1, dit être surpris par l’attitude de ses camarades. « Je pense que dans toute organisation, il y a souvent des malentendus. Nous cherchons la paix avec nos adversaires et non la guerre, car il y a d’immenses chantiers qui nous attendent, au lieu de s’attarder sur des choses inutiles » déclare-t-il. Sur le campus de l’Université de Yaoundé I pourtant, les étudiants semblent indifférents à ce conflit au sein de l’Addec. Esther Metinou, étudiante de 4ème année sociologie, est surprise d’apprendre l’existence d’un conflit dans l’association estudiantine. Elle affirme néanmoins : « l’Addec dit tout haut ce que les étudiants pensent tout bas. Elle dénonce les manquements de l’administration de l’Université ». Désiré Nirakiza, de nationalité burundaise et étudiant de 5e année sociologie pense, quant à lui, qu’il « est important qu’il y ait une association comme l’Addec qui défend les droits des étudiants et qui ne soit pas influencée par l’administration». Pour la plupart des étudiants rencontrés au campus de l’université de Yaoundé 1 cependant, l’Addec reste méconnue. Rachel Magnebou, étudiante de 2e année, déclare : « J’ai entendu parler vaguement de l’Addec, mais je ne sais pas ce qu’elle fait pour les étudiants ». Sa camarade Dorine, elle, dit ne pas connaître du tout l’objectif de cette association.

Tout aussi frappant que cette indifférence, les statuts de l’Addec n’ont prévu aucun organe de règlement des conflits, sauf pour les cas d’indiscipline internes. C’est dire si le différend au sein de l’association n’est pas prêt d’être résolu.

Jean Ngabana et Nadège Touba (Stagiaires)

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