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Actualité

Ambiance d’après le réaménagement gouvernemental à Yaoundé

Minedub. Entre une joie dissimulée et des déceptions

La Nouvelle Expression / Mercredi 1 juillet 2009

Lieu dit Education. Il est presque dix huit heures et demie. Le portail du ministère de l’Education de base est déjà fermé, « contrairement à ce qu’on voit d’habitude », selon un habitué des lieux. C’est un grand silence. Un peu comme pressés, les employés du ministère sortent des bâtiments. Certains sont munis de gros sacs.

Un peu plus d’une dizaine de policiers occupent l’entrée, adossés contre des véhicules. Les hommes en tenue parlent de tout et de rien. Même le remaniement ministériel qui justifie leur présence semble ne pas les préoccuper. Où plutôt ils évitent d’en parler. C’est un gardien en ténue civile qui filtre les entrées. Certes, il n’est pas interdit d’y pénétrer, mais il va falloir se présenter.

Pratiquement la même ambiance est vécue à l’entrée arrière, celle que le Minedub partage avec le ministère de la Fonction publique. Un ou deux policiers sont postés à l’entrée. Plusieurs autres s’activent à passer au crible tous les véhicules qui sortent des lieux. Autant pour les usagers qui acceptent sans rechigner de se soumettre à l’exercice. Même si certains manifestent leur empressement.

Selon un commerçant habitué du coin, « les policiers sont arrivés après le remaniement, mais ils se sont seulement installés à l’entrée, sans menacer personne ». Ce que confirme un des locataires du bâtiment marron. « Personne ne nous a fait sortir par force ; chacun est sorti au moment où il allait sortir ». Non sans rappeler qu’ils étaient déjà au courant de ce qui vient de se passer.

Ils sont nombreux à ne pas souhaiter s’exprimer sur le sujet. « En de pareilles circonstances, je ne peux pas m’exprimer », lance une dame, peu rassurée. Loin de là, son collègue ne cache pas sa satisfaction. « Comment ne devrais-je pas être fier ?», s’interroge l’homme qui trouve que « le remaniement est même arrivé tard ». Pour lui, simplement, « le ministre ne gérait pas bien le ministère. Et puis, je n’y étais rien. Donc, je ne peux pas regretter », tranche-t-il. Certainement aux antipodes de ces autres locataires que sa collègue nous invite à aller voir. « Les mécontents sont à l’étage, ils sont tous calés dans leurs bureaux, avec la main comme ça », dit-elle, en démontrant, la main sous le menton. « Allez voir leur attitude et vous saurez vous-mêmes », dit-elle. Et quelques instants après, comme contraints de vider les lieux, ils deviennent de plus en plus nombreux à sortir du bâtiment. La mine semble confirmer la description faite par leur collaboratrice.

Lindovi Ndjio

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