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Actualité

Les forces de l’ordre défiées

Des bandes lourdement armées, ont occupé la ville balnéaire de Limbe. La principale métropole économique du Sud-Ouest du Cameroun. De 1 heure à 4 heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Cibles visées : trois établissements financiers privés. Mais surtout, le principal symbole de l’Etat de la localité qui est la préfecture.

La Nouvelle Expression / Lundi 29 septembre

Où les bureaux ont été remués de fond en comble. Si dans les banques on présume que ces inconnus étaient à la recherche des billets de banque pour des raisons évidentes, on peut continuer de s’interroger sur ce qui pouvait bien les attirer vers le bureau du chef de terre dont la principale richesse est constituée non pas d’espèces sonnantes et trébuchantes, mais de précieux documents administratifs. La paperasse en fait. Lorsqu’on fait défiler les différents cas de braquage enregistrés ces derniers temps, il est rare que les bandits se soient intéressés à la fois aux coffres-forts contenant de l’argent, et aux tiroirs des bureaux où ne s’empilent en principe que des documents. Le fait que les assaillants de Limbe se soient intéressés aux deux objectifs, n’est certainement pas innocent.

Des témoignages concordants indiquent que lorsque ces bandits ont débarqué à “ Down Beach ”, le quartier administratif qui donne sur la mer, ils ont eu le temps de quadriller toute la zone dans laquelle ils devaient opérer. De manière à maintenir à distance toutes les interventions qui pourraient perturber leurs opérations. Ils avaient les moyens de leur politique. Puisque dès les premières minutes de leur attaque, les forces de sécurité ont été alertées, au moins par les coups de feu nourris qui ont mis toute la ville en éveil.

Les quelques éléments des forces de l’ordre chargés de garder les banques ont compris que commencer à tirer devant la puissance de feu des ennemis, était un suicide inutile. Ceux qui sont venus en intervention ont dû se heurter à la résistance des assaillants puissamment équipés. A la fin, le constat est désolant. Les bandits venus à bords de trois embarcations d’après les sources, ont eu le temps de se regrouper et de repartir. Manifestement, sans aucun dégâts dans leur camp. Après avoir tenu la ville en respect pendant trois heures. Au-delà du cambriolage des banques qui peut finalement n’être que l’arbre qui cache la forêt, c’est une démonstration de force pour ces “ assaillants ”.

Péril en la demeure

Il est effrayant de s’imaginer qu’ils auraient pu choisir de s’attaquer plutôt aux installations de la Société nationale de raffinage (Sonara) du Cameroun, située à quelques 20 km de la ville de Limbé. Tout comme ils pouvaient choisir de cibler les plates-formes pétrolières camerounaises dans le golfe de Guinée. Les dégâts cette fois, pour le trésor public, auraient été plus lourds. Pour l’heure, on ne peut pas jubiler d’en être épargné. Parce que les bandits qui ont opéré à Limbe viennent d’inaugurer une formule toute nouvelle qui commande des moyens de riposte conséquents.

Ceux qui ont pris le quartier administratif de Limbe en otage, n’ignoraient pas que la ville dispose des forces de police, de gendarmerie, de l’armée de terre, d’une unité d’équipes spéciales d’intervention rapide (Esir), d’un détachement d’hommes armés affectés à la protection de la Sonara, des éléments de l’armée marine et de la douane active. Sans oublier que toutes ces forces sont aussi stationnées à Buea, le chef-lieu de province, à une vingtaine de kilomètre de Limbe. Comment tous ces hommes n’ont pas pu réagir pendant les trois heures que des bandits ont presque “ annexé ” une ville ? Faudra-t-il comprendre que même la capitale économique, Douala, supposée plus équipée en matière de défense, située à une heure de route de Limbe, n’avait pas le moyens de voler au secours de cette ville balnéaire ?

Hier, quelques mouvements d’hommes de troupe en direction du Sud-Ouest ont été notés. D’aucuns révèlent qu’ils y sont acheminés pour réserver une riposte aux militants sécessionnistes du Sourdern Cameroon national council (Scnc) qui, comme toutes les années, ont annoncé quelques actions symboliques pour le 1er octobre. Une date qui rappelle la Réunification des Cameroun oriental et occidental en octobre 1961. Un accord dans lequel les anglophones du Cameroun se disent toujours lésés.

Le coup que la ville de Limbe vient d’enregistrer ressemble à s’y méprendre à ce qui s’est passé en Guinée équatoriale il y a moins d’un an. Lorsque des bandits lourdement armés ont opéré dans le même style et ont pris la direction de la mer. Certaines informations confidentielles indiquent que les prisonniers que le Cameroun a capturés lors de la dernière attaque à Bakassi, auraient avoué qu’ils faisaient partie de l’expédition de la Guinée équatoriale. Il y a donc péril en la demeure.

David Nouwou

Tout sur l’attaque de Limbe

Les populations de Limbe sont encore sous le coup de la terreur. Cette ville a été, au petit matin de dimanche, le théâtre d’un braquage spectaculaire. La rue des banques (située non loin du site populaire de Down Beach) où se trouvent les plus grandes agences bancaires de cette cité dont la Beac, la Sgbc, la Scb Cameroun, Amity Bank la Bicec ainsi que beaucoup d’autres établissements financiers, a été prise d’assaut par un commando qui a opéré pendant plus de trois heures d’horloge avant de prendre le large.

Selon les informations recueillies sur les lieux, c’est aux environs de 1h 30 ce 28 septembre que les assaillants, plus d’une cinquantaine fortement armés de fusils de guerre, ont fait irruption à bord des embarcations à moteur sur les côtes de down Beach, donnant juste sur cette avenue des banques. Ils ont pris le soin au préalable de poster leurs boucliers sur un rayon de sécurité de plus d’un kilomètre. A toutes les entrées et servitudes de ce secteur, ils ont tendu des embuscades pour stopper toutes éventuelles tentatives d’intervention. Les vigiles qui assurent la garde de ces bâtiments et certains hommes en tenue qui étaient en faction ne se doutaient de rien, et n’avaient pas vu le danger venir jusqu’au moment où ils se sont fait surprendre.

C’est par la préfecture que l’assaut a commencé. Les assaillants ont ouvert le feu sur les bâtiments et un véhicule de l’armée qui y était stationné, ont défoncé portes et fenêtres, et s’y sont introduits après que les policiers et autres hommes en tenue aient pris la clef des champs pour se sauver. L’un d’eux a dû sauter du haut du premier étage de la préfecture pour s’enfuir, tandis que les braqueurs se livraient au pillage.

C’est ainsi qu’ils ont détruit les appareils, saccagé les documents et autres. Entre temps, la Scb Cameroun située tout juste à côté subissait le même sort. Ici, ils ont usé d’une grenade pour défoncer le bâtiment abritant le distributeur automatique, avant de s’attaquer au coffre. C’est l’agence de Amity bank qui prendra le grand coût lorsque, s’y étant introduit par les portes arrières, les assaillants ont utilisé des explosifs pour accéder au coffre fort qu’ils ont emporté. Quant à l’agence de la Sgbc, c’est visiblement le point qui leur aurait donné du fil à retordre, au regard des dégâts qu’ils ont causé avant d’y accéder. Les ouvertures principales pourtant garnies de dispositifs de sécurité renforcés ont été défoncées, les comptoirs saccagés, documents éparpillés, coffre fort éventré et son contenu emporté.

Le Scnc inquiète

Sur le goudron, les poteaux électriques, mûrs et vitres des bâtiments voisins, les traces des balles sont restées visibles. C’est d’ailleurs en tirant sur un poteau électrique que ceux-ci ont occasionné un “ black-out ” dans la zone. Les militaires qui assuraient la garde à l’agence de la Beac ont témoigné qu’il n’était pas facile de faire face à ces assaillants parce qu’ils étaient fortement armés, et tiraient en continu. Ce qu’ont confirmé certains noctambules qui ont ajouté avoir reçu des balles à plus de 2 kilomètres de là avant d’affirmer avoir suivi des tirs jusqu’à près de 4 heures où les assaillants ont terminé leur opération.

Un bus du groupe Fini hôtel qui assure la navette entre le centre ville et l’établissement hôtelier, ayant à son bord des clients et un agent de sécurité et qui les conduisaient au Calypso night club est tombé dans l’embuscade tendue devant la Beac. Les assaillants ont ouvert le feu, et ont fait plusieurs blessés dont Kum Evaristus (23 ans), Wilfried Babila (20 ans), Asama Elba (20 ans). Francis Bofung Geh, venu de Douala avec sa compagne pour une soirée en boîte de nuit est atteint d’une balle et meurt sur le coup.

Aba Josiane qui était à bord de ce car a rapporté que les braqueurs ont tiré sur leurs véhicules pendant plus de deux heures, et ce n’est qu’après leur départ que les militaires sont venus à leur rescousse, puis, ont conduit les blessés à l’hôpital provincial de Limbe où, jusqu’à hier après-midi à 14 H, une victime portait encore les balles qui ont transpercés ses reins. La dépouille de Francis B. Geh a été déposée à la morgue dudit hôpital.

Selon certaines sources, les éléments de la police et de la gendarmerie déployés pour contrer les assaillants ont dû rebrousser chemin face au dispositif de ceux-ci. Mêmes les hommes du BIR et de la marine venus de Man à War Bay ont été stoppés loin du champ d’action. Ce n’est donc qu’après le départ des braqueurs que les éléments des forces de maintien de l’ordre et les autorités administratives ont pu s’y rendre accéder au site des opérations. Informé, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Rémy Ze Meka est descendu sur les lieux. Il était accompagné du gouverneur de la province du Sud-Ouest Louis Eyeya Zanga, et de tous les chefs militaires de la province.

Le préfet du Fako Jules Marcellin Djaga, visiblement perplexe n’a cessé de faire des allés et venus, passant l’essentiel de ses conversations au téléphone. Jusqu’à notre départ, il était impossible de savoir avec exactitude le montant total d’argent emporté par les assaillants, mais les dégâts matériels seuls peuvent être estimés à des dizaines de millions. En attendant, les enquêteurs étaient déjà sur les lieux pour évaluer avec exactitude les dégâts.

Par ailleurs, pour l’usager de l’axe Douala-Limbe, il lui est pratiquement impossible d’imaginer qu’un braquage aussi spectaculaire s’est produit. Alors que l’on s’attendrait normalement à des barrières pour filtrer hommes et bagages en provenance de Limbe, ce sont plutôt quelques postes de contrôle de routiers, et du Gmi n° 5 de Buea et du Gmi n°2 de Douala qui sont là, comme d’habitude, se livrant simplement à de vulgaires interpellations de véhicules de transport en commun dont le seul contrôle se limite à un simple entretien et échange avec le chauffeur.

Par contre, plusieurs détachements d’unités spécialisées et corps d’élite comme le Gpign, le bataillon spécial amphibie, et le Bataillon d’intervention rapide (Bir) se déploient dans différentes localités de la province du Sud-Ouest en prélude, selon certaines sources dignes de foi, au 1er octobre, dans la perspective de réprimander toute éventuelle action de la Southern Cameroon National Council (Scnc).

Franck Ndoumbe Diwouta

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Réaction de Alain
Le 2008-09-30 10:29:45

C'est très déplorable pour notre armée qui ne sait que réprimée les citoyens lorsqu'ils veulent exprimer leurs opinions ou leur ral le bol du système.C'est une armée de parade.


Réaction de Njombos
Le 2008-09-29 22:59:49

En tout etat de cause il n'ya que des militaires qui peuvent avoir fait ca!Comme ils n'ont plus Bakassi pour brouter l'herbe il faut maintenant agiter a Limbe le spectre de la terreur pour piller les budgets de L'Etat en faisant mourir de pauvre citoyen; Je vous le répète la memoire de ce pays n'oubliera pas Les coupables seront chatiés quelque soit le temps que cela prendra!




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