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ActualitéYaoundé : Les robinets d’eau sont secsLes ménages, les établissements hôteliers, les hôpitaux … désemparés. Cela fait 8 mois que Jean-Paul Njimmi, homme d’affaires résidant au quartier Essos à Yaoundé, connaît des problèmes de distribution d’eau dans son établissement hôtelier. « Tout a commencé en mai 2009 par des coupures intempestives. Le Jour / Lundi, 01 Février 2010 En septembre, la Camerounaise des eaux nous envoyait l’eau aux environs de 21 h et à 6h, elle la reprenait», se plaint-il. La situation est allée de mal en pire depuis cinq mois. Plus une seule goutte d’eau ne coule des robinets de cet hôtelier. Assis à la salle d’accueil de son établissement ce dimanche, 31 janvier 2010 à Essos, Jean-Paul Njimmi regarde, impuissant, les deux châteaux d’eau placés dans l’arrière-cour. « Je les ai achetés pour pallier à la pénurie. Je faisais des réserves pour des semaines. Maintenant, l’eau n’y arrive plus. Je ne sais pas s’il faut les démonter et les revendre», ajoute-t-il. Curieusement, Jean-Paul Njimmi dit payer plus cher ses factures d’eau. Les prix oscillant entre 36 et 38 000 Fcfa contre 28 et 30 000 Fcfa il y a 8 mois. A la direction régionale de la Camerounaise des eaux où il est allé exprimer ses doléances, les responsables ont laissé entendre que la perturbation viendrait du fait que le château d’eau de Mimboman, initialement prévu pour desservir Essos et Mimboman, ravitaille aujourd’hui une douzaine d’autres quartiers de la capitale. D’où la difficulté. Hervé Koum, propriétaire d’un motel au quartier Essos, ne l’entend pas de cette oreille : « Un château pour douze quartiers, l’Etat n’avait qu’à prendre des mesures appropriées. Parfois, on manque d’eau pour faire une tasse de café. Il faut faire des miracles pour satisfaire nos clients qui passent la nuit ici ». Toujours à l’affût de l’information sur la disponibilité de l’eau à Yaoundé, Jean-Paul Njimmi lui, ne dépense pas moins de 10 000 Fcfa par jour pour s’acheter de l’eau d’un quartier voisin. Ndzana Meye II, le chef du groupement d’Emana, a reçu des explications selon lesquelles les perturbations dans la distribution d’eau dans son quartier seraient dues aux travaux routiers entrepris sur l’axe Etoudi-Olembé, à la sortie de la ville. Or, «il y a très longtemps que les engins ont disparu sur cette route qui commence déjà à se dégrader, mais nous n’avons pas toujours la solution à notre problème », déplore Ambroise Mevegue, un habitant. Pour les ménagères, le calvaire s’accroît au fil des jours. Dès 5 h, les points d’approvisionnements sont pris d’assaut par les populations. A la Borne fontaine d’Emana, les populations désemparées, se sont habituées à consommer l’eau de la source «Nkong Assi », avec à chaque fois, le risque d’attraper une maladie hydrique. Réactions Dieudonné Atangana, habitant Messassi : « Je n’arrive plus à bien me laver » Je n’arrive plus à bien me laver. Pour prendre le petit déjeuner, il faut réfléchir. La Snec nous a fait comprendre que c’est à cause des travaux effectués sur la route d’Emana que des tuyaux ont été cassés et que nous n’avons pas une alimentation d’eau stable dans ces quartiers. L’eau minérale coûte cher. Si rien n’est fait, nous allons mourir. Gustave Kamdem, habitant Emana borne fontaine : « Je bois l’eau de source depuis au moins trois mois» Vous voulez qu’on fasse quoi ? Depuis trois mois, on souffre. Mes sœurs font la lessive, la vaisselle et la cuisine avec l’eau de source. C’est toujours cette eau que nous buvons. Est-ce que la précarité tue le pauvre ? On s’est tellement plaint que ça frise le ridicule. On attend seulement que les microbes nous tuent. Denise bell, hôtelière, habitante Essos : « L’eau n’arrive plus dans les châteaux » La pénurie perdure. C’est difficile pour mon ménage et pour mon commerce. Pour pallier à toute éventualité liée à la pénurie, nous avons installé deux châteaux d’eau. Regardez, il n’y a même plus une goutte à l’intérieur. L’eau n’y arrive pas depuis 5 mois. Et nous continuons de payer nos factures d’eau à la Snec.
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